ACTE II
Le théâtre représente, dans le fond, une montagne qui l'occupe en eniier et qui se prolonge sur tout le côté gauche, relativement aux speciateurs. Cette montagne, taillée presque perpendiculairement, paraît inaccessible; cependant, sur la droite, elle offre un peu de pente par une cronpe hérissée d'arbres et de rochers. L'ne grande grotte, placée dans l'angle à gauche, sert d'entrée à un conduit souterrain très-long et tres-obscur, et dont l'issue est fermée par une pot-te. A la droite, on voit une aile du palais, ou plutôt une porte avec un escalier qui est supposé aboutir au palais. Vis-à— vis, à gauche , une demi-voûte creusée dans la montagne sert de temple à la déesse Derceto, divinité de Svrie.
SCÈ>E PREMIÈRE.
ÉMIRENE, RUTILE, suLù de Soldats romains.
RUTILE
Oui , princesse , en ces lieux Adrien va se rendre , C'est là qu'il doit passer, voilà le souterrain Qui du palais au camp abrège le chemin ,
Et c'est ici que nous venons l'attendre. [Rutile poste une partie de ses soldats à l'entrée de la
grotte ; puis il se place lui-même avec le reste de sa
troupe à la porte du palais. )
ÉMIRÈNE, seule.
Que puis-je faire, hélas! et que dois-je espérer? Pharnaspe est dans les fers dun vainqueur en furie;
£t quand je tremble pour sa vie , C'est son pcrsécutenr qu'il me faut implorer.
Pardonne, cher amant, pardonne âmes alarmes, Si d'un cniel rival j'implore le secours; Les dieux m'en sont témoins, c'est pour sauv^er tes jours Que je veux essayer le pouvoir de mes larmes.
Amoiu , toi qui sus l'attendrir, A ma tremblante voix viens prêter tous tes charmes, Et fais qu'à mes accens il se laisse fléchh\