‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 166 sur 263 · SCÈNE IL ÉMIRÈNE, ADRIEN, RUTILE, Soldats romains · texte numérisé non relu

SCÈNE IL ÉMIRÈNE, ADRIEN, RUTILE, Soldats romains

ÉMIRÈNE, à part.

Dieux! le voici. Je tremble, et je respire à peine.

ADRIEN , dans le fond.

Rutile , suivez-moi.... Ciel ! je vois Emirèrie. Eloignons-nous.

ÉMIRÈNE.

Seigneur, où portez-vous vos pas?

Permettez,,..

ADRIEN

Je ne puis.

, Ah ! ne me fuyez pas.

Si ma douleur vous importune , N'en accusez, seigneur, que ma triste infortune.

ADRIEN

Non, laissez-moi...

ÉMIRÈNE.

Du moins décidez de mon sort , J'attends , de votre bouche , ou la vie on la mort.

254 ADRIEN

ADRIEN

Princesse, je n'ai point menacé votre vie. É3IIRÈNE.

Ah! plût aux dieux, seigneur, qu'elle me fiit ravie, Et que, moins inhumain. César n'eût point, hélas! De mon époux ordonné le trépas.

ADRIEN

S'il subit le trépas, on lui fera justice ,

Et je laisse aux Piomains le soin de son supplice.

ÉMIRÈNE.

Son supplice !

ADRIEN

Le traître • il paraît devant moi Sons le titre sacré d'envoyé de son roi; Et sa lâche fureur me tend un piège infâme , Et porte en mon palais et le fer et la flamme ! Il mérite la mort,

ÉMIRÈNE.

Mais il est malheureux , Il est votre captif, vous êtes généreux.

S il périt, hélas! s'il succombe Victime de votre courroux , ,

Percez mon coeur des mêmes coups,

Et couvrez de la même tombe

Votre captive et son époux.

Ah ! s'il faut des Piomains assouvir la colère, Que je meure pour lui, victime volontaire; C'est moi qui doit périr, ses crimes sont les miens ; Seigneur, tranchez mes jours, mais épargnez les siens.

UPÉllA. 255

S'il périt, hélas! s'il succombe

Victime de votre courroux, Percez mon cœur des mêmes coups , Et couvrez de la même tombe Votre captive et son époux.

ADRIEN , à pari.

Ociel!

ÉMIRÈNE, vivement.

Vous m'écontez , et votre cœur soupire.

César va pardonner; sensible à mes malheurs, Sa clémence n'a pu résister à mes pleurs.

ADRIEN

Oui, je veux arracher le trait qui vous déchire. Que Pharnaspe soit libre et conserve le jour.

ÉMIRÈNE. «

Dieux !

J'épargne un rival, jugez de votre empire; Mais que, fuyant loin de ma cour, Il ne se montre plus aux lieux où je respire.

ÉMIRÈNE.

O divine clémence ! oui , c'est avec raison Que l'univers respecte et bénit votre nom.

ADRIEN

Rutile , de Pharnaspe allez briser la chaîne , J'accorde son pardon aux larmes d'Emirène;

Mais quand la nuit obscurcira les cieux , Qu'il tremble, si César le retrouve en ces lieux. ;,^

( Ruù'k sort. \ ^

256 ADRIEN

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