XXVI NOTICE
défendit le dix -neuvième siècle toutes les fois qu'il le crut injustement attaqué. Je n'en citerai pour exemple que son article intitulé : des MauKais Livres *. Il y repousse victorieusement l'accusation d'immoralité et d'irréligion , dirigée par un prélat contre la France moderne, et démontre que le dix-liuitième siècle doit seul encourir ce double reproche. Certes , nos mœurs ne peuvent être assimilées à celles de la régence et de la dernière moitié du règne de Louis XY : cela est si vrai , qu'aujourd'hui les magistrats n'auraient pas même besoin de lancer les foudres de Thémis contre les productions obscènes 5 avant que leurs auteurs fussent arrivés à son tribunal le mépris public en aurait fait justice.
Eh quoi ! celui qui déclara une guerre d'extermination à l'hydre renaissante du jésuitisme , pourrait être considéré comme un ennemi des lumières et de la liberté ! Cette supposition est trop absurde pour que j'entreprenne de la réfuter. Il ne faut que lire ce qu'Hoffman a écrit sur les disciples
* Tome VII , page 238.
SUR F.-B. HOFFMAN. XXYII
de Loyola pour ne conserver aucune incertitude à cet égard : cette partie de ses Œuvres restera comme un modèle de raison , d'éloquence et d'esprit. Dédaignant les déclamations et les argumens de ses prédécesseurs, ce n'est que dans les écrits des jésuites qu'il puise les preuves de la perversité de leurs doctrines 5 évoquant les ombres des Bellarmin, des Emmanuel Sa, des Molina, des Suarez , il les contraint à faire l'aveu de leurs crimes , et c'est avec leurs propres armes qu'il déchire le réseau monacal dont la France était déjà presque entièrement enveloppée. Mais dans cette guerre du talent contre la ruse et l'hypocrisie , aucun vain désir de renommée n'excite son courage , aucun intérêt personnel ne vient augmenter sa conviction ; il lui su Oit , pour sentir le besoin de combattre et pour soutenir ses forces , de l'horreur que les assassins de Henri lY lui ont toujours inspirée : à chacune de leurs apparitions sa haine se réveille , et nouveau Mithridate , il s'arme en s'écriant : les Romoiiis !
Après cette guerre soutenue par Hoffman dans le seul intérêt du bien public , un de