GAIN
A l'enfer tout mon cœur s'est livré.
Des plus affreux remords je me sens dévoré. O Dieu! déchire-moi, rends Abel à sa mère; Et pour prix de ce sang si cher et si sacré , Prends celui d'un indigne frère.
TOUS
C'est la mort! ô Dieu! c'est la mort!
Et c'est la main d'un frère Qui du sang innocent a fait rouffir la terre ! Cher Abel! quel funeste sort!
Ton frère t'a donné la mort.
CAÏN
Quittons ce lieu funeste , Allons finir des jours que je déteste.
Gain n'existe plus pour vous.
Adieu !
MÉALA.
Je te suivrai.
CAÏN
Laisse-moi.
MÉALA.
Cher époux !
Je veux soulager ta misère .
Mes enfans, suivez-moi, consolons votre père.
{Caïiijuit^ sa femme et ses enjans le suivent.)