SCÈNE XIIL CLÉONE, DORIS
Ah! Doris, vainement j'affecte du courage; D'un sentiment plus fort je me sens émouvoir: De l'avenir je crains de percer le nuage ,
Je n'y vois qu'un obscur présage , Et ce n'est qu'en tremblant que j'y cherche l'espoir. Je sais ce que je dois à la Grèce , à moi-même :
Mais quand je crains pour ce que j'aime, La nature en mon cœur fait taire le devoir.
DORIS
Cléone , de l'amour la crainte est le partage. Mais combien Tavenir t'en plaira davantage! Queldouxmomentponrtoi, quand l'heureux Anténor, Vainqueur des ennemis, et plus aimable encor, D'un triomphe éclatant viendra te faire hommage !
CLÉOTSE.
Ah! mon cœur se refuse à cette douce image. Mon trouble égale mon amour;
Doris, de mon bonheur la fortune est jalouse. Je crains un terrible retour :
Quand je n'ai que le nom d'épouse,
Si je l'avais reçu pour le perdre en un jour!
DORIS
Je vais hâter Tinstant qui doit calmer ta peine. Du haut de ces remparts on découvre la plaine;
J'y verrai nos soldais vainqueurs , Et Doris reviendra pour essuyer tes pleurs.