SCÈNE XIY
CLÉONE, seule.
Tout m'agite, tout m'épouvante:
L'espoir a fait place à l'efiroi.
J'entends une voix menaçante Qui me dit : ce Malheureuse amante!
37 Anténor est perdu pour toi. »
Tout me trouble, tout m'épouvante ç A mes yeux la mort est présente :
Anténor est perdu pour moi !
364 CÀLLIAS ,
Mes pleurs , cessez de vous contraindre ;
Des dieux apaisez le courroux :
Hélas ! c'est trop d'avoir à craindre
Pour sa patrie et son époux.
Du haut du ciel daignez m'entendre,
O dieux! ne l'abandonnez pas ;
C'est lui, c'est lui qu'il faut défendre j
Partout accompagnez ses pas.
CHOEUR derrière le théâtre.
0 dieux ! qui pourra nous défendre?
O dieux ! sauvez-nous du trépas.
O ciel! quels cris se font entendre?
Ma force m'abajidonne liélas !
Tout me trouble , tout m'épouvante 5 Ces cris redoublent mon effroi.
J'entends une voix menaçante
Tout me dit : ce Malheureuse amante! 35 Anténor est perdu pour toi. t>
{Elle tombe accablée de douleur. )
CHOEUR derrière le théâtre.
O trop malheureuse patrie î O douleur ! ô fatalité !
Plus d'espoir ! plus de liberté !
il faut renoncer à la vie.
( Ce chœur s'éloigne en diminuant insensiblement.)