‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 253 sur 263 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

CÉLIMÈ NE, seule.

Enfin il est sorti. Son ton froid et railleur. Je n'ai pu le cacher, m'a donné de l'humeur.

436 l'original ,

Mais pour la dissiper revoyons mon ouvrage : Par l'étude des arts notre cœur se soulage. Voilà les deux portraits de Damis , de Linval , J'ai fait l'un assez bien , j'ai fait l'autre assez mal. Et je le gâte encore en voulant le refaire. Ah! je crois dans ceci découvrir du mystère. Lorsque de deux amis je crayonne les traits, Je veux me partager entre ces deux portraits. Maispour l'un d'eux, ma main plus lente et plus rebelle, Dans son expression constamment infidelle , Atteste que l'ouvrage est fait péniblement. Quand l'autre s'est formé tout naturellement. Si je réfléchis bien sur cette différence , J'en saurai la raison. Ah ! je la sais d'avance; Si ma main me trahit, ce n'est point par errem' , Et mon crayon m'apprend le secret de mon cœur. Le voilà ce portrait qui dit plus que moi-même

DAMIS , saus être vu

Le portrait de Linval! Ah ! c'est lui que l'on aime. Courons le consoler.

{Il sort.)

CÉLIMÈNE

Il faut , sans différer , Et le mettre sous verre et le faire encadrer. Un cadre de bois noir et de simple stature , Jean-Jacques l'a prescrit : l'autre aura la dorure. Oui, tout autre que moi, sans partialité. Aurait à ce portrait donné la primauté; Qu'on ne m'accuse pas , s'il me plaît davantage , Je puis le préférer, c'est mon meilleur ouvrage.

[Elle sort.)

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