‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 254 sur 263 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

DAMIS, LINVAL.

DAMIS

Venez, elle est sortie. Avancez donc, monsieur; Montrerez- vous encor de la mauvaise humeur? J'ai vu votre portrait tracé pai' Célimène , Et caressé des yeux de la belle inhumaine. On semblait se mirer dans chacun de vos traits; J'en jouissais pour vous : triomphe plein d'attraits! Mais au moins sentez-vous toute votre victoire?

LINVAL.

Elle est grande en effet si je pouvais y croire.

DAMIS

Quoi! vous doutez encore? Ah! le toiu- serait beau! Allons, timide amant, soulevez ce rideau; Admirez ce portrait

LINVAL.

Que vois-je? c'est le vôtre !

DAMIS

C'est le mien , c'est le mien ! En voici bien d'un autre î Mes yeux me trompent- ils? Non, c'est moi; me voilà.

LINVAL.

Je vous reconnais bien , monsieur, à ce trait là,

DAMIS

Vous pouvez m'en vouloir et me donner au diable; Mais je ne vous ai dit rien que de véritable ; J'ai vu

438 l'original ,

LINVAL , froidement.

Mais je vous crois ; je n'ai point de courroux, Damis, et je prendrai le même ton que vous. Prendre un portrait pour l'autre, ah! c'est bien pardonnable. Nous nous ressemblons tant, l'erreur est excusable.

Mais j'étais donc aveugle?

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