XLVIII NOTICE
de ceux qui le faisaient attendre , et il était assez difficile de trouver à ses yeux une excuse valable.
L'injustice produisait en lui l'indignation, et dès-lors il s'irritait jusqu'à la colère ; mais c'était moins pour ce qui le touchait personnellement que pour ce qui concernait ses amis. Certes , il n'aurait pas défendu une de ses pièces avec autant de zèle qu'il en mit à défendre la comédie des Deux Gendres ^ il est vrai qu'indépendamment de l'amitié qui l'unissait à son auteur, la basse et ja-» iouse rage des ennemis de M. Etienne était de nature àexciter l'indignation d'un homme tel qu'Hoffman. Au reste , sa réputation de justice était si bien établie , que chaque fois que les comédiens croyaient avoir à se plaindre de l'autorité qui les régentait , on les voyait accourir chez lui pour y solliciter la puissante intervention de sa plume : Si nous avons raison , disaient-ils , Hoffman sera pour nous. Ils ne se trompaient pas; Hoffman prenait ouvertement leur défense dès qu'il jugeait qu'ils avaient pour eux le bon droit et l'équité 5 et cependant il eut souvent à se plaindre de leurs procédés j
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mais loin de profiter des services qu'il leur rendait , il évitait avec soin tout ce qui pouvait rappeler à ses cliens qu'ils négligeaient son répertoire.
Ce désintéressement s'étendait sur toutes les actions de sa vie. Jamais il n'a voulu accepter de l'administration du journal des Débats au-delà du prix fixé pour ses articles 5 quand sa santé ne lui permettait pas d'en fournir le nombre voulu pour former le traitement mensuel de 5oo fr. , il renvoyait scrupuleusement à la caisse ce qu'il jugeait ne pas avoir acquis par son travail. A la mort de Geoffroy, il refusa de se charger du Feuilleton , malgré tous les avantages pécuniaires qui lui étaient offerts. Le seul traitement extraordinaire qu'il ait consenti à recevoir est une pension viagère de 1,200 fr. que les propriétaires du journal des Débats accordaient aux littérateurs qui avaient le plus contribué au succès de leur feuille.
Je sais qu'on a cherclié à répandre c|u'Hoffmaii était subventionné par le ministère 5 on a même été jusqu^à préciser la somme qu'il en recevait chaque mois. Je me bornerai à opposer le démenti le plus for-