‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 60 sur 263 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

NEPHTÉ, AMÉDÈS.

AMÉDÈS.

Reine, un bruit se répand; mais qui pourrait le croire? On dit que méprisant et Thonneur et la gloire , Aujourd'hui, dans ce temple, àPharès... non, grands dieux! Je ne puis répéter ce mensonge odieux.

Les cruels m'ont trompé. L'exécrable imposture Tente en vain de noircir une vertu si pure; Moi-même je rougis du trouble de mon cœur. Et je viens à vos pieds expier mon erreur.

NEPHTÉ.

Hélas!

AMÉDÈS.

Vous soupirez ? Vous gardez le silence ? NEPHTÉ.

Ah!

AilÉDÈS-

De votre embarras que faut-il que je pense?

NEPHTÉ.

Vous savez mes malheurs.

AMÉDÈS.

Je les sens comme vous.

NEPHTÉ, Le sort me poursuivait avec tant de courroux....

AMÉDÈS.

Achevez!

NEPHTÉ.

D'un seul fils , toute mon espérance , J'ai dû sauver les jours.

AMÉDÈS.

Eh bien !

NEPHTÉ.

Quelle souffrance ! Ah ! ne m'accablez pas de votre inimitié : Neplîté , quoique coupable , est digne de pitié.

AMÉDÈS.

Coupable ! juste ciel ! quoi ! cet hymen horrible , Vous osez l'avouer?

NEPHTÉ, à part.

O contrainte ! ô douleur !

Faut-il que je déchire une âme aussi sensible ? O contrainte ! ô moment terrible !

C'est moi qui lui perce le cœur.

44 NEPHTÉ ,

AMÉDÈS.

O ma fille ! il est donc possible !

jNIa fille a pu nourrir un forfait dans son cœur. Je le savais, cruelle; et mon âme sensible

Voulait douter de son malheur.

NEPHTÉ

Mon père , n'accusez que le sort qni m'accable , Vers cet affreux hymen lui seul porte mes pas. AMÉDÈS.

Non , ce n'est point le sort, vous seule êtes coupable ; Non, cet affreux hymen ne s'accomplira pas,

NEPHTÉ.

N'exposez pas vos jours.

AMÉDÈS.

Je punirai le crime.

NEPHTÉ.

Le tyran vous menace.

Il sera la victime.

NEPHÏÉ.

Hélas ! il est puisssant, il fait taire les lois.

Il règne.

AMÉDÈS.

Il est un dieu qui règne sur les rois.

ENSEMBLE

NEPHTÉ , à part.

O contrainte ! ô moment terrible !

Je ne puis supporter l'excès de sa doulem'.

AMÉDÈS.

O ma fille ! il est donc possible ?

Ma fille a pu nourrir un forfait dans son cœur -^

NEPHTÉ.

N'accusez que le sort, c'est lui seul qui m'accable.

AMÉDÈS.

Non, ce n'est point le sort, vous seule êtes coupable.

NÏPHTÉ.

Vers cet affreux hymen , il entraîna mes pas.

AMÉDÈS.

Non, cet affreux hymen ne s'accomplira pas.

NEPHTÉ , à part.

o contrainte ! etc.

o ma fille ! etc.

( On entend dans le fond le tumulte du peuple qui s'assemble pour la cérémonie. Amédès veut sortir; Nephté l'arrête.)

NEPTHE, avec précipitation.

O ciel ! n'augmentez pas l'excès de ma souffrance Par les dangers que vous allez comir.

De grâce , attendez en silence Ce que le ciel bientôt saura nous découvrir; Et s'il est un forfait, la céleste vengeance

Sans vous saura bien le punir,

AMÉDÈS.

Eh bien ! j'en accepte l'augure; Vers un honteux hymen précipitez vos pas;

46 NEPHTÉ.

Mais tremblez et n'oubliez pas Que vous êtes au temple et vous êtes parjure. {Le bruit redouble et la marche commence dans le fond. Amédcs sort.) NEPHTÉ.

Où fuyez-vous , mon père? O ciel! je vous conjure, Dans ce moment affreux ne m'abandonnez pas.

AMÉDÈS, en sortant.

Non, cet affreux hymen ne s'accomplira pas.

{ha marche continue, et dès que le grand-prêtre est

sorti, on voit paraître les prêtres et on entend le

chœur. )

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