XVI NOTICE
écrivains qu'on lit avec plaisir ; le rhythine , dont il avait fait une étude approfondie , donne à ses vers lyriques un charme qui devient plus rare de jour en jour, et qui rappelle la mélodieuse facilité , la gracieuse expression et le coloris poétique de Métastase.
Jusqu'ici le lecteur a pu suivre les travaux littéraires d'Hoffman dans leur ordre chronologique, car son entrée dans la polémique des journaux ne date que de 1807 , époque à laquelle il donna son dernier opéra-comique *. La seule pièce qu'il ait laissé jouer depuis , est la Mort d^Ahel **. Il ne se décida à descendre de nouveau dans l'arène théâtrale que pour ne point priver M. Kreutzer du fruit de ses veilles. Il avait pour système qu'il ne fallait pas qu'un juge s'exposât aux chances d'une accusation , et se mît dans le cas de comparaître à son tour à la barre de la critique. Un coup-d'œil
* Les Rendez-vous bourgeois, représentés le g mai 1807. Hoffman avait bien rédigé quelques articles pour le Journal des Deux-Ponts et pour le Menteur; mais il n'était point attaché à la rédaction de ces feuilles.
** Le 23 mars 1810.
SUR F.-B. nOFFMAN. XVII
rapide jeté sur ses travaux polémiques prouvera que jamais écrivain ne fut plus digne d'exercer cette espèce de magistrature littéraire qui commande jusqu'à l'estime de ceux qu'elle frappe, quand les connaissances les plus vastes et les plus variées s'unissent à l'indépendance la plus impartiale et au plus noble désintéressement.
M. Etienne , nommé rédacteur en chef du Journal de l'Empire , désira attacher Hofîman à la rédaction de cette feuille , dont le brillant succès était moins l'ouvrage de la politique que destalens réunis de plusieurs hommes de lettres. Ce fut avec le plus vif empressement qu'Hoffman consentit à cette honorable collaboration ; mais , ne comptant pas encore assez sur ses forces , il ne voulut faire ses premières armes que sous le voile de l'anonyme. C'est alors que parurent ses Lettres champenoises. Dès l'apparition de la première , on n'hésita pas à reconnaître que l'auteur était un homme de beaucoup d'esprit , et chacun s'étudia à deviner son nom. Toutes les conjectures n'avaient produit aucun résultat, lorsqu'à un diner où se trouvaient Geoffroy et Méhul , celui-ci dé-