‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 129 sur 269 · SCÈNE Xill · texte numérisé non relu

SCÈNE Xill

LES PBÉCÉDENS, OTHON; // oUn précipitommenL

Arrêtez ! la loi n'a point d'action sur elle ; elle n'est plus fille d'Edgard, elle est l'épouse d'Othon.

TOUS

Dieu!

OTHON

Les nœuds de Thymen nous unissent dès longtemps, et quoique secrets ils n'en sont pas moins sacrés. Une inimitié passagère survenue entre Edgard et moi , m'empêcha de lui révéler ce mystère : mais voilà mon épquse , et la démarche dont on lui fait un crime , n'est plus que la suite naturelle d'un lien respectable.

LURGAIN , à Ariodant.

£st-il possible !

ARIODANT

Mon frère , calmez-vous.

EDGARD , à Ina.

Ina , votre silence semble confirmer la déclaration d'Othon; si elle est vraie n'hésitez point à l'affirmer vous-même. Reconnaissez -vous cet homme pour votre époux ?

DALINDE.

Non.

(Elie se dévoile , et on reconnatt Dalinde sous les ^iUfiis iTIna.)

TOUS , eicepté ArioiUiit

Ciel ! Dalinde ! (Oihonjidt.)

2l8 ABHODANT^

DÂLINDE.

Oui, c'est moi; moi coupable, qîl'un dieu conduit ici pour rendre hommage à l'innocence , à la vertu. Séduite par les promesses de ce monstre qui vient de fiiir, j'ai consenti à ce déguisement qui vous a tous trompés, et qui a fait le malheur de ma chère maitresse. Xétais loin de croire que cette faute dût la plonger dans un pareil abîme , et je ne voulais ^pe la forcer à s'unir à un homme que je croyab digne d'elle. Le perfide me fit conduire par deux brigands qui allaient m' égorger dans le sein de la forêt , dans l'horreur de ta nuit. Je méritais d'y périr, mais le ciel voulut que je vécusse assez pour 'expier mon crime, et pour faire éclater l'innocence. Ce jeune héros conduit par la providence me délivra des mains de mes bourreaux; il adore la vertueuse Ina , il connut la trame ourdie contre elle , et me ramena pour la sauver. Escortée par des gardes ^ sous ces habits je fus introduite dans la prison de ma maîtresse ; j'en sors maintenant pour lui rendre l'honneur, et pour subir seule la peine du crime que seule j'ai commis. Accusateurs , témoins , si dans ce moment vous ave2 été trompés par ces vétemens et par une fausse apparence , jugez quelle dût êtr^ votre erreur dans l'obscurité de la nuit.

EDGARD, à genoux.

Dieu de bonté! c'est ainsi que tu signales ta justice! Gardes! conduisez Ina près de moi, conduisez ma fille!

tURCAIN.

Mon firère , tu me reverras.

A.RIODANT aa« jages , jetum la boarse sur la table.

Que cet or noit remis à Othon. Il devait payer le

DRASEE. ai 9

meurtre de Dalinde; â For est le salsdre da crime , que cette bourse retourne à son maître.

DALINDE , k Eagtrd.

Seigneur, il ne me teste [dus qu'à entendre mon

ARIODANT

Juges , Dalinde est étrangère , vos lois ne peuvent l'atteindre j elle ne les a point connues ; elle nous rend le bonheur; elle empêche un meurtre; eUe rend à l'innocence tout son éclat. Si quelqu^un l'accuse 9 je me déclare son défenseur.

EDGARD, à Dâlinae. ^

Tu m'as rendu ma fille , et tu nous prouves que I0 repentir a souvent le prix de l'innocence,

Page 1