‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 134 sur 269 · RÉPONSE AUX JOURNALISTES · texte numérisé non relu

RÉPONSE AUX JOURNALISTES

ri de mes productions, contentez-vous de faire rire de vos articles. Si j'avais le bonheur d'être journaliste, je m'arrangerais si bien que je dînerais du produit de ma feuille , et que je souperais chez les actrices que j'aurais louées dans le jour. Ce genre de vie en vaudrait bien un autre ; et certes , alors je ne dirais de mal de personne : faites donc à autrui ce que vous voudriez qu'on vous fît à vous-mêmes. Laissez vivre ou mourir en paix mon Léon de Montenero ; et si quelqu'un avait assez mauvais goût pour s'y amuser, ne le grondez pas du plaisir ffi'û aurait pris sans votre ordre. Si néanmoins mes humbles prières ne montent point jusqu'à votre trône; s'il est décidé dans votre sa4:ré collège , qu'on me traitera de turc à maure , ou de journaliste à auteur, tâchez au moins de vous accorder dans l'anathème que vous allez prononcer contre moi. Je suis vraiment scandalisé de voir que vous ressemblez aux autres puissances , entre lesquelles l'intelligence est rare, et l'union impossible; et j'ai vu cent fois, avec honte , que j'étais un homme charmant dans un journal ,' et un sot dans un autre.

Possible est que la métempsychose ait lieu; alors, frères très-chers , je pourrai devenir ce que vous êtes, vous pourrez être ce que je suis. Vous ferez At fiers* opéras alors, car je sens qu'ils seront tout autrement que les nôtres. Avouez donc combien il sera doux et gracieux pour vous de trouver un bon homme de journaliste comme moi, qui vous paiera le tribut d'éloges qu'auront mérité vos divines productions.

Salut et fraternité.

L'Auteur de Léon,

^ Style de journal.

LÉON

OU

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