UN PATRE
On dit que ce Léon est un
Paix ! il est puissant.
PETRINO.
Et comment a-t-il eu ce château? car il n'y a pas loDg-temps qu'il en est le maître.
VENERANDE.
Comment il l'a eu? il l'a pris.
PETRINO.
On dit qu'il s'y passe des choses bien extraordinaires.
VENERANDE.
Des choses ! des choses ! mais je vous le répète , il a des soldats et de l'argent , et taisons-nous.
LE ÇATRE.
Je ne mène jamais me* chèvres sur ces montagnes, on dît qu'il n'y vient que des herbes empoisonnées.
236 LEON j
YENERANDE.
Et dans le château, bon Dieu! suffit : vous m'entendez.
PETRINO.
Et il veut épouser cette chère Laure, notre bonne maîtresse ?
YENERANBE.
n la demande avec une armée , et nous n'aurons la paix qu'autant qu'il l'épousera.
Tant pis pour elle.
YENERANDE.
C'est bien dit tant pis pour elle*
PETRINO.
Mais pourquoi ces deux seigneurs se font - Us la guerre?
YENERANDE.
C'est qu'il y a deux cent cinquante ans que leurs ancêtres étaient les uns Guelfes, et les autres Gibelins, dans la querelle qui s'éleva entre l'empereur Barbe- Rousse et le pape Boniface.
PETRINO.
Guelfes! Gibelins f qu'est-ce que cela veut dire?
YENERANDE.
Je n'en sais rien, ils n'en savent pas plus que nous, mais ils se battent en attendant qu'ib le sachent.
PETRINO.
n faut bien que ces mots -là signifient quelque chose. * •.
YENERANDE.
Ils lignifient que, si je t'en veux, je t'appdiffai Gibelin, tu m'appelleras Guelfe, nos amis s'en mêleront, et nous nous battrons tant qu'il plaira à Dieu.
Et le jeune seigneur Louis dfe Gaete , qui ainjie notre belle maîtresse , est-il Guelfe ou Gibelin ?
VENERÂNDE,
Il est brave , mais il n'est pas le plus fort, comme cela arrive quelquefois.
PETRINO.
Dame Vénérande ^ vous connaissez donc le château de Monienero ?
VENERANDE.
Dieu me préserve d'y mettre jamais les pieds ; mais je sais ce qui s'y passe.
PETRINO,
Ah ! contez-nous donc quelque chose ?
VENERANDE.
Voyons... qui êtes-vous ici?