LE PATRE
Tous amis, il n'y a point d'étrangers.
VENERANDE.
En ce cas , écoutez :
Dans ce château , que dieu confonde !
Un scélérat commande en paix,
Eit couvre d'xme nuit profonde
Et sa déhanche et ses forfaits.
Mais on m'a dit , et je répète , •
Que quand on peut tout ce qu'on veut , '
On veut aussi tout ce qa'on peut ,
Jamais la soif n'est satisfaite ;
Et Ton fiait tant que tôt ou tard ,
Soit par justice ou par hasard ,
Il faut enfin payer sa dette.... ^
La volonté de Dieu soit faite !
a38 LÉON,
CMOXXTR.
La Tolonté de IKen ^bitCûte.
YEKEKANDE.
Et la princesse et Ei bergère Doiyent trembler qa^en ce séjour.
Loin d^on amant , loin S!jmt mère , Il les immole à son amonr.
Léon jouit de sa conquête ; Car quand on peut tout cie qn^on veut, On veut aussi tout ce qu'on peut ; Mais^d'un vengeur le bras s'apprête ; n Canodra bien que tôt ou tard , Soit par justice ou par basard Le scélérat paie sa dette....
La volonté de Dieu soit faite !
CHŒUR
La volonté....
PETRINO interrompt
Paix ! paix ! voilà deux hommes q[ae je ne connais pas.
YENERANDE.
Âh! ah ! qat viennent-ils faire ici?
PETRINO.
Ce sont les mêmes qat j'ai déjà va passer ce matin.
i£ Pâtre.
Bon ! ce sont des étrangers. Ils entrent dans le petit bois.
PETRINO.
Ce n'est rien , ce n'est rien. Continuez , dame Yénérande.
YENERAimE. v
A sa débauche , à sa furie , Léon ajoute un trait plus noir ^ Le sortilège et la magie Sont le soutien de son pouvoir.
beaMe. 239
Jugez du sort qa^il nous apprête ;
Car comme il peut tout ce qu'il veut,
Il veut aussi tout oe qu'il peut :
Mais on m'a dit , et je répète , ^
Qu'il fera tant que tôt ou tard....
Mais c'est assez , plus de retard
Amis , songeons à notre fête....
La volonté de Dieu soit faite !
Ne songeons plus qu'à notre fête , La volonté de Dieu soit faite.
Vous connaissez donc quelqu'un dans ce château?
VENERANDE.
Hélas, oui! Ferrant, le concierge de cette horrible maison , servait autrefois chez le seigneur Ronmalde, votre digne maître. U était honnête homme alors ce Ferrant , je lui voulais du bien , et il ne s'en est pas fallu de cela qu'il ne fût mon mari; mais il fut pris par les soldats de Léon, et depuis quHl est dans cette caverne on dit qu'il est aussi scélérat que son maître.
PETRINO.
Est-il possible !
VENERANDE.
C'est assez, mes amis, c'est assez. J'attends ici notre bonne maîtresse, éloignez-vous, préparez tout pour la fête, mais ne vous réjouissez tout-à-fait que quand on vous dira de vous réjouir.
CSOJEVR.
O dieu ! protège l'innocence ; Rends-nous le calme et le bonheur, Et laisse tomber ta vengeance Sur le méchant y sur l'oppresseur.
ll4o LEOIf,
TENERANBE-
La voilà, la voilà! {Laurt pamii,)
ctroxuM, Protège la £dble innocence , Entends nos voeux ! vois sa doolenr!
O ciel ! signale ta puissance , Rends-loi la paix et le bonheur. {Bs sortent^