‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 154 sur 269 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M)NGINO, LAURE, ^ÉNÉRANDE, SOLDATS.

(Laure jette nh cri en entrant y eiie tombe sur une chaise, et s'appuie à la table. Kénérande regarde apec horreur tout ce qui V environne , les soldats se reûreni et ferment la porte du fond. )

V ENERANDE.

Voici donc l'affreux séjour que ce monstre destine à la jeunesse , à la beauté , à Tinnocence ! tout ce qui nous environne inspire rhorreur et Tefiroi.

* LONGINO^ saos la regarder

C'est ce que je disais. ^

VENERANDE.

Ces voûtes, ces tombeaux , ces lampes sépulcrales..

LONGINO.

C'est ce que je disais.

VENERANDE.

n semble qu'on ne descende ici que pour se préparer à la mort.

LONGINO.

Cest ce que je disais.

VENERANDE.

Âh! ma chère maîtresse, dans quelle horrible caverne les méchans vous ont plongée !

Ma bonne , tout est fini pour moi. Mais mon cher Louis , qu'est-il devenu?

VENERANDE.

Malheureux comme nous ^ mademoiselle.

268 LÉON

LAURE

Plus d'espoir! plus! il faut y renoncer*

YENERANDE.

Renoncer à l'espérance ! qn'osez-vous dire?

LAURE

Eh! que puis^ attendre? quelle main peut m'arracher à cette horrible prison.

YENËRANDE.

Vous n'êtes pas au bout, mademoiselle; un moinetit suffit pour le bonheur, comme pour l'infortune : attendez , attendez , je vous le répète : confiance , persévérance! ^

LAURE

L'aspect de ces lieux m'inspire une terreur....

LONGINO.

Âh! je conçois que des femmes peuvent avoir peur ici. Mais considérez que je suis avec vous.

VENERANDE.

Qui es-tu, toi qui nous parles? un des satellites de ce monstre!

Un satellite ! je suis tout bonnement le valet du concierge.

VENERANDE.

On t'envoie ici pour nous tyranniser....

LONGINO.

Tyranniser ! non , voilà le camarade qui est là pour vous garder, et moi, je m'appelle Longino pour vous servir.

TENERANDE.

Nous servir! dis que tu selrs n«s bourreaux.

dHâmè. i269

LONGINO.

t)ame! moi, je sers mes maîtres.

^ENERANDE.

Lâche ! et c^est ici que ma chère Laure va gémir nuit et jour!

LONGINO.

Ôh! non. H y a ici près la chambre à conchei'; on a songé à tout.

LAURE

J'entends du bruit sous ces voûtes.

LONGINO.

C'est quelqu'un qui nous arrive. Dame, voyez-vous, c'est que oela sonne creux là dedans. Attendez , je vais vous dire ce que c'est.

VENERANDE.

Allons , il faut se résigner; le désespoir ne mène à rien.

LONGINO.

C'est monseigneur.

, LAURE

Ciel!

VENERANDE.

n ne manquait phis que cela.

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