‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 158 sur 269 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

lES PRÉCÉDENS, FERRANT.

FERRANT

Seigneur, on vient d'apporter la dépouille de ce jeune homme.

LAURE

Qu'entends-je ? ô ciel! (Elle tombe sur la tabk t Vè' nérande la secourt,)

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LÉON, k Ferrant.

Dès que le jour paraîtra , que cette dépouille soit attachée à la tour du nord : ceux qui oseront m'attaquer y verront Fembléme du sort qui les attend.

LAURE se relève avec force.

Va, monstre, je conçois tout mon malheur; mais tu te trompes dans ton affreux calcul. Ne pense pas que ce coup m'ait ôté mon courage; je sens qu'il me donne une force au-nlessus de mon sexe. Le désespoir a séché mes larmes. J'ai demandé au ciel qu'il m'ôtât la vie dès que je serais dans cette horrible prison , je sens qu'il va bientôt exaucer ma prière. Tyran maladroit , tu veux me séduire , et tu arraches la vie à celui qui me faisait chérir l'existence! va! je ne te crains plus. Pour sauver mon amant , je t'eus flatté peut- ^tre, cette idée me fait horreqr. Louis n'est plus; crois, monstre , que je saurai le rejoindre. Je te rends grâce de m'avoir fait préparer ce tombeau. Et toi , Dieu qui m'appelles, toi qui dois la récompense à la vertu et au crime, écoute le serment que je fais devant toi. Je jure que je n'accepterai aucun secours , que je ne prendrai aucune nourriture dans cet exécrable lieu; je jure que je rejoindrai l'époux que tu

m'as choisi tombe sur moi ta malédiction, si je

trahis ce vœu sacré ! {Eilc s'assied)

VENERANDE.

U vous entend , madame , il vous entend : voyez, nos bourreaux ont pâli.

LÉON

Femme indocile, j*excuse votre emportement, je m'y attendais, et je vous laisse exhaler une inutile fureur. Bientôt je reparaîtrai devant vous, non pour

THÉATBJB. T. n. 18

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VOUS apaiser, mais pour accomplir mes projets. Songez que c'est la première fois que je sonffire la résistance; hâtez-^vous d'oublier un homme qui eût péri par un supplice cruel , si mes soldats n'en avaient fait justice. Moi seul je suis votre maître ,. et malgré vous, malgré votre père , dans ce jour je serai votre époux. Je vous ferai traîner à l'autel , si vous refusez de m'y accompagner : acceptation ou résistance , tout sera égal , vous serez à moi. Vos sermens ne m'ef&aient point; il y a long-temps que j'ai pesé la valeur d'un serment. Je vous quitte pour un moment, puisse ce moment être pour vous celui d'une réflexion salutaire.

(Il sort.)

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