‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 159 sur 269 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LAURE, VENERANDE, FERRANT,

LE GARDE à son poste, VENERANDE.

O.ma chère maîtresse, c'est ici qu'il faut du couine.

LAURË.

J'en ai , ma bonne , j'en ai. Je suis calme. J'ai appris la mort de Louis , sans verser une larme. Que dis-je! je jouis déjà du bonheur de le revoir; je voudrais abréger les momens qui me séparent de lui.

VENERANDE.

Mais peut-être vous a-t-il trompé , peut-être....

LAURE

Léon hésite-t il pour commettre un crime?

VENERANDE.

Ferrant?

DBAME. 275

FERRANT

Que voulez- vous?

VENERANDE.

Je t'ai connu bon et humain. Si ce séjour af&eux ne t'a pas entièrement corrompu , tu dois une consolation 9 un soulagement à deux malheureuses victimes. Dis-moi, dis-moi au nom de ce que tu as de plus cher, si Louis respire encore.

FERRAT^T

Point de questions !

VENERANDE.

Tu ne me connais donc plus?

FERRANT

Oui, je vous connais, dame Vénérande; mais vous ne saurez rien.

VENERANDE.

Console au moins cette pauvre Laure , que tu as vue enfant , que tu as portée dans tes bras.

FERRANT

Point de questions , vous dis-je.

VENERANDE.

Tu es inexorable 1

FERRANT

Ce n'est point à moi quHl faut demander cela; ce ne sont point mes affaires. Les soldats m'ont apporté la dépouille d'un jeune homme; ils m'ont dit qu'il s'était battu comme un lion , et quHI n'avait succombé que sous le nombre..

LAURE

Ah', c'est lui.

FERRANT

Au reste ne m'interrogez plus , je ne connais ici

276 LÉON

de devoir que l'obéissance aux ordres de mon maâtre.

(// élèi^e la voix à ces mots)

VENERANDE.

Mais si Louis n'était pas ce jeune homme?

FERRANT

Tant pis pour lui , car il est pris sans doute , et sa mort ne serait pas douce.

Mais au moins

FERRANT, durémenl.

Rien. Adieu! vous êtes plus tranquilles; je vais à mon poste. A propos! ne vous effrayez pas quand on relèvera la sentinelle ; Voici bientôt l'heure ; et surtout gardez-vous de vouloir lui parler.

VENERANDE.

Je suis bien trompée, Ferrant; j'espérais en toi.

FERRANT

Parbleu! on ne vous défend pas d'espérer; si cela n'avance de rien , cela fait passer le temps , c'est toujours quelque chose. Adieu! (Il sort.)

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