SCÈNE VIL LATJRE, VENERANDE, LE GARDE à son posu
LAURE
O ma bonne ! quels maux te cause ton amitié pour moi ! c'est moi qui te réduis à cette horrible captivité; je sens ton malheur comme le mien.
VENERANDE.
Cher enfant ! est-il pour moi d'autre malheur que \t vôtre? je bénis le ciel de m'avoîr enveloppée dans
DHAME. 277
votre disgrâce. Si les tigres m^ avaient chassée de cette maison , vous m'auriez vu me jeter à leurs pieds, et les supplier de me laisser partager votre infortune !
LAURE
Ma bonne amie, ma seule amie, une chose me console.... mes maux ne peuvent durer long-temps : bientôt, tu n'auras plus rien à craindre pour moi.
YENERANDE.
Je VOUS entends..... écartez ces idées affireuses.Yous dites mieux que vous ne croyez dire ; vos maux finiront , j'y compte , j'en suis sûre ; eh qui voudrait croire à un Dieu de bonté, si le crime triomphait toujours sur la terre ?
(La lune parait par roui^erture de la voûte)
LAURE
Ces voûtes, ces lampes sépulcrales, ces vastes, tombeaux ne mr'effraient plus.
YENERANDE.
Regardez cette ouverture par où l'air descend dans ce cachot : j'y vois le ciel , j'y vois l'astre de la nuit ; ^% rayons pénètrent jusqu'à nous; ils semblent nous dire : dans quelque abîme que tu sois plongé , tant que tes regards peuvent se tourner vers le ciel , ne te laisse point abattre par le malheur, .et ne cède point au désespoir.
LADRE