SCÈNE VIII
LES PRÉCEDENS. ( On relève la serUineUe. )
VENERANDE.
Vous VOUS attendrissez , ma chère maîtresse , vous affaiblissez votre courage; il vous en faut pour repousser ce monstre qui va revenir près de vous , comme un noir vautoui* qui veut dévorer une blanche colombe. Faites comme moi; tournez vos yeux et votre esprit.... (Elle va près de la griUe comme pour regarder la lune et elle s'écrie) : Dieu que voîs-je!
LAURE
Ma bonne i
y£N£ilAND£;ijlu8 bas.
Mademoiselle , . mâdémbiselle*....
LAUttE.
Eh bien?
YENKRANDE.
Sstrce uD M^pge? une.ertéûr?
lAURE.
Quoi donc? explique^ldî.
VENËRANDË , avec mystère.
Voyez, voyez, c'est lui.
LAURE
Que veux-tu dire?
VENERANDE.
Là bas , ce garde , ce soldat , c'est luit
LAURE
Alhl je me meurs,
LOUIS vêtu ea garde, derrière la grille.
Silence.
SPAIO,
{PendàiU la ritournelle, Laure ^readses saui pm à peu , puis, i^s se fégùfàent tous tro's sans proférer une parole. Louis est à son poste; Laure du c6té opposé, près de la table ; Vé- 9érande au milieu ,, et entre eux. )
LAURE, à part.
-Doux moment ! troid»le extrême !
Est-ce un songe imposteur?
Non , c'est lui , c'est lui-même , Je le sens à mon cœur.
VENERANDE , à part.
O divine puissance Tu ne trompes jamais !
Bénissons ta clémence , Respectons, tes décrets..
28o LÉON ,
LOUIS Y à part.
Mon cœur Bat \ il s'agite , Et frémît tour à tour :
Je le sens , il palpite , Et de ,q;,ainte et d^amour.
( Véneranâe,.(jui *èsi au milieu , passe la parole à l'un et à Vautre ', parce qu 'ils n 'osent parler haut. )
LAURE
Cher amant.
' VENERÂNDE y à gauche.
Cher amant.
LOUIS
Chère Lanre , silence !
VE19ERANDE ^ à droite.
Chère Lanre , silence !
( Laure veut s 'approcher de Louis. )
LOUIS
O ciel ! n'avancez pas.
VENERAlïOE.
o ciel I n'avancez pas.
(^Laure se remet.)
LOUIS
Espérance!
VEKERANDE.
Espérance !
On écoute.
LOUIS
VENERAin)E.
On écoute.
LOUIS
Et la moindre imprudence,
VEKERANDE.
£t la moindre imprudence ,
LOUIS
A pour prix le trépas.
YENEBANDE.
Causerait son trépas.
LAURE
Moi , causer son trépas !
Silence !
VEI9ERAia)£.
Silence !
LOUIS
Silence !
YENERAimE.
Ne nous trahissons pas.