‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 176 sur 269 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LAURE, VENERANDE, LOUIS, âenihrt la griUe.

LàURë.

Ma bonne , si j'osais approcher de lui?

VENERANDE.

Gardez-vous en bien ; nous sommes entourées de pièges, d'espions.

LAURE. i

Je voudrais cependant bien lui parler.

# (Elle fait un pas)

VENERANDE. •

Il y va de sa vie.

LAURE

Je reste. Hélas ! j'ignore encore comment il a échappé au trépas. Son habita le poste où il est, le choix qu'on a fait de lui pour me garder, tout cela est un mystère que je ne puis pénétrer.

VENERANDE.

On a vu bien d'autres miracles , mademoiselle.

LAURE

Et mon père, à quels dangers il s'expose !

DRAME. âo7

LOUIS, à part.

Que ne suis-je à sa place !

VENERANDË, avec emphase.

Le dieu des batailles tient en ce moment la terrible balance ; l'ange exterminateur plane sur cette funeste maison. Le méchant sera-t-il puni"^ les bons ont-ils encore à souffrir? c'est ce que Dieu pèsera dans sa justice.

LAURE

Dieu ! si mon père allait succomber !

VENERANDE.

De la foi, mademoiselle, de la foi! la foi transporte les montagnes. Un tyran ne peut pas toujours être heureux. L'hirondelle qui mange le moucheron sera dévorée par la pie-grièche ; la pie-gtièche sera plumée par le milan , et le milan mourra dans les serres du vautour.

LAURE

.Que dis-tu donc, ma bonne ! tu as l'esprit égaré.

VENERANDE.* •

Que ceux qui ont^s oreilles entendent.

( On entend des cris confus dans le lointain. )

LOUIS , à part.

Quels cris! seraient-ce nos amis?...

LAURE

Je tremble.

VENERANDE.

J'espère. (Vn papier tombe de la voûte,)

LAURE

Que vois-je? un papier !

VENERANDE.

D'où peut-il venir?

3o8 LÉON ,

LAURE

Serait-ce une main secourable?

LOUIS , à demi-Yoiz.

Lisez , lisez.

VÉNÉRANDE ramasse le billet et le donne à Lanre.

La foi peut beaucoup. Lisez.

LAURE lit.

« Courage ! espérance ! à trois heures de la nuit, vos

» maux finiront A trois heures!.... Point dHmpru-

» dence , point de désespoir ! attendez : qu^aucune » fâcheuse nouvelle ne vous abatte. A trois heures!.... X Brûlez ce billet, et qu'il n'en reste aucune trace. »

VENERANDE.

Dieu soit loué , il nous entend.

LAURE

Ma bonne , tu crois que c'est encore un avis au ciel?

VENERANDE.

La voix qui vous ^ secourue^ la main qui vous écrit, tout cela.... mais il dit de brûlei^ce billet , obéissons.

LAURE

Prends cette lampe , va le brûler derrière le pillier; que la cendre même n'en soit pas vue.

VENERANDE, tenant la lampe et le papier, va près de la porte dn fond.

Qu'il soit consumé. Dieu! que vois-je?

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