SCÈNE XV ET DERNIERE
TOUS, excepté Léon ei ceux qui le gardent
Ne craignez p^ qu'il échappe , j'ai pourvu à tout. O seigneur Romualde , mon respectable maître, que ce jour est beau poi^ moi !
ROMUALDE.
Viens daps me$ bras, sur mon coeur, tu as sauvé ma fille. . ( Ils embrassent Ferrant )
., IQESŒRANDE.
Voilà le Ferrant que j'aimais !
FERRANT
Apprenez donc à ne plus juger des hommes sur l'apparence, et observez leurs actions plutôt que leurs paroles. Enfermé depuis long; temps dans<:ette hor-
rible maison, je songeais aux: moyens «de punir le monstre qui Thabitait. Plus je conspirais contre lui , plus je devais redoubler de zèle. et d'obéissance. Je sus bientôt qu'il était détesté ; je m'unis à ceux qui pouvaient me seconder dans mes projets. J'appris que cette chère Laur.e venait d'être enlevée avec son époux , je résolus de tout faire pour les sauver. C'est moi qui fis donner à ce brave jeune homme un habit de garde pour tromper les yeux du tyran ; c'est moi qui, caché dans le creux de ce pillier, ai fait entendre ma voix, ma voix qui vous a sauvé l'honneur et la vie ; c'est moi qui , du haut de la voûte , fis tomber le billet qui devait vous rendre l'espérance; c'est moi qui cachai une arquebuse dans ce coffre , et qui concertai avec ce brave jeune homme la manière de s'en servir. 0 ma chère maîtresse , si j'apportai devant vous la dépouille de votre amant, pardonnez-le-moi, il fallait que votre douleur fût véritable , il fallait tromper votre bourreau , et plus vous avez fait éclater de désespoir, plus vous avez favorisé mon dessein. {Aux valets,) Pour vous, qui étiez timides et incapables de rien entreprendre, je vous ai toujours imposé silence, vos murmures ne menaient à rien , et ils pouvaient faire manquer mon projet. Maintenant qu'il a réussi, rappelez-vous le refrain de la chanson :
Ne jugeons pas sur l'apparence , Ici tout est illusion ; La bonne ou mauvaise action A tôt ou tard sa récompense.
ROMUALDE.
Mes amis , retournons dans ma maison de Fondi, elle est plus digne de vous que ce château souillé de
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crimes; honfiéte Ferrant, voiis y viendrez, non comme concierge, mais comme ami.
LONGINO.iFemnt.
Comment , c^est toi qui a fait tout cela?
FERRANT
Oui , et qui t'ai dit : passe ton chemin.
LAURE
Ma bonne , tu es bien tranquille ; est-ce que tu ne prends pas part à notre joie ?
VENERANDE.
Elst-ce que cela pouvait manquer, mademoiselle?
ROMUALDE , à LoaU et Lanre.
Mes cfaers enfans , ne nous occupons jibis de Léon, la justice seule doit décider de son sort. Allons à Fondi, nous y célébrerons votre bonheur^ qui^ j'espère , ne sera plus interrompu.
O ma Laure !
Cher époux! (Ils embrassent Romualde.)
ROMUALDE.
Et nous récompenserons ces bonnes gens à qui je dois, je ne dis pas ma vie, mais la tienne et ton bonheur.