‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 183 sur 269 · LE DANGER D'ECOUTER AUX PORTES · texte numérisé non relu

LE DANGER D'ECOUTER AUX PORTES

COMEDIE EN UN ACTE ET EN PROSE

MÊLÉE DE MUSIQUE, RBP&SSBKTBB SUR LE THÉÂTRE DE L* OPERA- COMIQUE, EN l8o3.

PERSONNAGES

GÉRONTE, tnteor et onde de Lndle.

LUCILE

DORYAL , amant de LocQe.

LKffilTTE , snhrante.

CRISPIN , valet de Dwval.

La Scène se passe à la etmtpagne, dans la maison

de Géboute.

ATERTISSEMENT.

Malgré son succès, cet ouvrage disparut du répertoire par suite du caprice d'un acteur. Gavaudan , chargé du personnage de Crispin, avait dépiloyé dans ce rôle tant de verve et dç gaieté qu'il réunit tous les suffrages; mais, loin d'être flatté de cet assentiment unanime , il craignit que son triomphe dans l'emploi des valets ne nuisît à la renotnmée qu'il s'était acquise en représentant les tyrans , et qui lui avait fait décernef le glorieux surnom du Talma de l'Opéra- Comique ; If s bottines et le manteau court furent donc bientôbremplacés par foute la ferraille du mélodrame, et le Trésor supposé dévint l'objet d'un ajournement indéfini.

A l'époque où M. Delestre-Poirson obtint le privilège du Gympase , il s'empressa de demander à M. Hdffman l'autorisation de représenter son Trésor supposé. L'auteur ne fit aucune difficulté de retirer sa pièce de l'Opéra-Comique où elle n'était plus jouée depitis long-temps. Elle obtint, au théâtre du boulevard Bonne-Nouvelle , un succès, agréable. On sait que Tun des articles du privilège accordé à M. Poirson, portait l'obligation de jouer l'opéraconaique. Le ministre avait voulu, par cette clause, faciliter à nos jeunes compositeurs les moyens de s'ouvrir une carrière presque fermée pour eux au grand Opéra, et même à Feydeau. Cette mesure était sage , utile , et devait contribuer aux progrès de la musique française. On ne l'exécuta qu'en partie ,

THÉÂTRE. T. IC. 2i

et le vaudeville ne tarda pas à régler seul sur une scène où le talent et Fesgrit ont fini par donner à M. Scribe des droits légitimes au «monopole du répertoire.

Avant cette petite révolution lyrique , une circonstance inattendue faillit attirer sur le Ttésor supposé la colère ministérielle. Lé lendemain oùM« de Serte, alors garde-des-sceaux , avait fait retentir les échos de la Chambre élective du terrible, mot jamais ! on donnait au Gymnase une représentation de cet opéta. • A la scène xii , Gérohte , consulté par sa pupille sw le contenu de la lettre qu'il l'a chargée d'écrire à sou amante y blâme cette ^phrase : Monsieur^ comme Je ne puis JAMAIS être à vous; et ajoute .vamaxs! il ne faut JAMAIS dire jamais; qui est-ce c/uipeut répondrq de Vavenir? K ces mots, plusieurs salves d'applaudissemeiis partirent de tous les côtés de la $alle , et la malice du public marqua du sceau du ridicule le jamais de Sa Grandeur. Il est probable que rapport de cette application fut fait à qui de droit; mais T autorité ne jugea pas nécessaire d'opposer son veto aux représentations du Trésor qui se succédèrent à des intervalles assez raprochés jusqu'au moment où , devenu théâtre de Maoame , le Gymnase cessa entièrement de jouer Topéra-comique.

Il y a dans cet ouvrage plusieurs jolies scènes et beaucoup de mots piquans. Bien que la partition ne soit pas au nombre des chefs d'œuvre de Méhul, quelques morceaux j (appellent le talent de ce grand compositeur:.

• . ou

tE DANGER D'ÉCOUTER AUXJORTES,

Le thëitre repn^nte uA saloiK $ar U 4evaiit , deux portes de cabinet ; ao fond , à k^gaoche do spectateur, iine porle d'entrée commune à Iod4 )e monde ; au fond , 1^ droite , une autre porte donnant sur le petk escalier, porte dont Gëronte seul a la clef: pr^s du câJbiaQC, k droite, une table avec un tapis.

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