‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 185 sur 269 · SCÈNE IL LISETTE, BorfVAL, CRISPlK, LUCIUE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL LISETTE, BorfVAL, CRISPlK, LUCIUE

Ah! charmaiite Lucile,. dois-je çn croire un triste

pressentiment? 'partagez'-vous la haine de votre oncle,

et rinfortané Dorval doit-il renoncer au bonheur et k

l'espérance?

LUGILfi.

Non, Dorval, je ne partage point l^s sentimens de mon oncle ; je l'avouerai même , son injuste prévention ne fait que mHhtéresser davantage à votre sort. Si j'étais msdtresse de ma fortune , je ferais mon bonheur de réparer les torts de votre jeunesse; pardonnez-moi ce reproche , il sera le dernier,

DQRVAL.

Si je vous suis cher, je suis le plus heureux des....

CRISPIN

Des amans ruinés.

LUCILE-

Mais que d'obstacles s'opposent à iiotre union !

Mon oncle n'estime que la richesse , et je ne puis encore

CRISPIN , vivement.

Mademoiselle, permettez; monsieur, éçoutèz-moi; Lisette , faites attention^ Voyonsd' abord où nous en sommes, je vais éclaircir le fait. Mademoiselle, votre tuteur vous défend de parler à monsieur. Monsieur, Tamour vous ordonne de parler à mademoiselle. Mademoiselle , vous êtes riche , mais vous ne pouvez encore disposer de votre main , ni de votre fortune. Monsieur, vous étiez riche, mais vous ne Fêles plus. Mademoiselle, vous n'avezfd'espérance que dans votre majorité. Monsieur, vous' n'avez d'espoir que dans le retour de votre père. Madeindiselle , votre tuteur a chassétnonsieur de sa maison. Monsieur, votre maison fait grande envie au tuteur. Monsieur, vous avez grand besoin de la vendre bien cher. Mademoiselle i votre tuteur a grande envie de l'avoir pour rien.

dorval:

Eh bien ! après?

LUCILE

Je sais tout cela.

LISETTE

Grispin, est-ce ainsi que tu prétends que je t'aime?

CRISPIN

Que vous êtes impatiens! il faut bien connaître la maladie , avant d y appliquer un remède. Votre mal est connu , et le remède

LISETTE

C'est?

LUCILE

Eh bien! c'est.'....

BORVAL.

Parle donc , c'est

CRispm:

Gest ce qu'il faut chercher.

DORVAt.

Cherche donc.

LISETTE

Silence ! j'ai cru entendre

LUCILE

Que dis-tu?

LISETTE

Laissez-moi voir dans ce cabinet.

LUCILE

Pourquoi?

LISETTE, ircTeoant.

U n'y est pas.

LUCILE

Qoî?

LISETTE

Votre tiiteur, mademoiselle ; il a la louable habitude de sy cacher pour écouter ce qu'on dit, et observer ce qu'on fait. Il lui arrive souvent de rentrer par le petit escalier, et de se mettre aux aguets, sans qu'on s'en doute. Tenez ,. dérangez ce fauteuil , vous verrez à la cloison un petit trou que le malin vieillard y a fait pour épier tout ce qui se passe ici.

Voilà ce qui s^ appelle avoir l'œil à tout.

CRISPIN., Quel coup de lumière !

BORVAL.

Qu'as-tu donc?

CRISPIN, Je crois.... oui, c'est cela. Vous dites que le tuteur a fait ce trou pour épier!

33o LE TRiSOB SPPVOSÉ^

LISETTE

Ooi, et quand le Caivteoil n'ert pas devant, ^'est sîgoe qae l'espion est derrière.

CRISPIN

C'est bien.... j'j sais.«.. non, non, je n*j sois pas.... si... oni... non... peut-être...

LUCILE

Parle.

IXHlTAIi.

Explique-toi^

LISETTE

Du génie!

CRISPIN

n me vient.

TOUS TROIS à Cnspbu Œer Crispîn , myente , imagine.

CRISFIN.

J^emmrois , déjii je devine.

TOUS TROIS

Dr cmn'age 1 allons! de l'esprit I

CRiSPtK.

Ce projet vraiment me sourit.

LUCILE

Quel projet?

LISETTE

Dis-le nous. *

nORVAL.

Achève.

CRISPIN

Attendez un peu que j'y rêve.

DORVAL

Qu'est-ce donc?

LUCILE

Hâte-toi.

^ -LfSËTTE.

Finis.

GRISPIN.

Ecoutez : m'y voilà : j'y sms« Si le tateur nide et sauvage S'oppose à voitre mariage , Nous pouvons l'y forcer.

i>OEVAL, LUCILE BT LISETTE.

Gomment ?

GRISPIN.

Bien promptement , bien décemment , Par un petit enlèvement.

I^ISETTE.

Insolent!

DORYAL.

Coqvinl

LIICILE.

Quel outrage !

cursPiîT.

Calmez-vous! \m mot! doucement !

Vous voulez un moyen plus sage ; Il faut donc m'y prendre autrement.

ENSEMBLE

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