SCÈNE premiers
• USETTE, DORVAL, CRISPJN.
Quoi! déjà? de si bonne heure?
GRISPIK.
Si vous aviez autant ^^amour que nous , charmante Lisette /vous auriez les yeux ouverts de bon matin.
LISETTE
Mais M. Géronte est sorti ; nous sommes seules. C'çst pQWr cd« que je vifîAs,
LI&ETTE
On nouîs a défendu de vous recevoir.
CRISPIN
En nous recevant ss^ns qii'an le sache , c^est comme si vous ne nous aviez pas reçus.
LISETTE
Ne vous y fiez pas. Quand monsieur s^élaig;ne d(^ la
324 ^ ^^ TftÉSOR SUPPOSÉ,
maûon, il y revient toujours ^us fÙi qu'on ne V Attend, n est bien fin !
Bah ! mademoiselle , ûoos en avons bien vu d'antres. Qu'est-ce qu'un oncle pour l'amour?
LISETTE
n est oncle et tuteur.
DORVAL
Tant mieux ! on n'aime plus les tuteurs. Nous aurons beau jeu«
LISETTE
Méritez-vous bien qu'on trompe un oncle pour volis?
DORVAL
Oui , si l'on m'aime. D'ailleurs, nous ne tromperons qu'un méchant homme , un avare
LISETTE
Méchant , oui ; mais avare ^ il ne l'est point. C'est au contraire parce qu'il aime à dépenser, qu'il cherche à se procurer de l'argept par tous les moyens possibles.
. BORYAL.
A cet égard, nous' ne risquons rien avec lui. Je le
défie de me ruiner.
LISETTE
Cela est déjà fait , n'est-ce pas? Autrefois vous étiez
un modèle de sagesse; mais depuis que M. votre père
a passé les mers, et s'est établi à Pondi... Ponti...
Pondichéry. .
CRispm.
Tout près d'ici.
LISETTE
Avouez , monsieur Dorval, que vous vous êtes bien dérangé?
DORVAL
Calomnie , Lisette , . calomnie !
CRISPIN
Eh! qu'a-t-il donc fait, ce cher maître? il est jeune, il a mangé de l'argent; et il a mangé de l'argent parce qu'il est jeune.
LISETTE
Et il en a tant mangé qu'il n'en a plus.
CRISPIN
A peu près.
DORVAL
Cependant il me reste la maison qui touche à celleci. C'est une propriété qui est encore intacte , et qui fait grande envie à votre maître.
LISETTE
C'est fort heureux pour vous; car sans cette maison, que M. Géronte espère acheter à peu près pour rien , il ne vous aurait jamais reçu dans la sienne.
Maudite maison ! il faudra donc te vendre. Mais
quand l'amour me réduit à cette extrémité fâcheuse ,
apprends-moi donc au moins «si Lucile me sait gré du
sacrifice?
CRISPIN
C'est-à-dire , si nous sommes aimés.
^ LISETTE
Ah ! vous voulez une déclaration.
CRISPIN
Décisive.
LISETTE
Ecoutez :
326 1^ THKSOR STJFPOSÊ»
Oui, messâcurs, nous aurons pour toûl Des seDtimens très-ndsoniiaUes ; Cir Yous serez aimés de neoi Autant que yoas sevez aimaUes^
DORTAL.
Comment penx-ta douter?...
LISETTE. (^SuUe de l^éUr. }
Je sais qa'on amant file doux :
Toojom's constant, jamais jaloux, Il a tons les égards pour noos , Le cœnr sincère et lliamear firanche ^ Mais aussitôt qu^il est époux , Il sait bien prendre sa reyanclie*
CRISHN.
Vous appelez cela uïie déclaration?
• LISETTE^ ( Suile de Voir. )
Om , messieurs , nous n^aurons pour Youat
Que des sentimens raisonnables ,
Et vous serez aimés de nous
Tant qile tous savez étl« àimaMcs.
BORVAL.
Mais Lutfle sak cjoè'^e i^adore ^ qM...
LISETTE. ( Suite de Voir. )
L'amant est bien obéissant ; Mais un époiit , Otàriïs roltiplaisaul , Sait bientôt nous faire connaître Que du lo^ il est le mattre* Puisqu^ici-bas tout doit finir, Puîsqu^un jour notre charme cesse , Si la femme doit obéir, Laissez-la quelque temps jouir Du plaisir d^étre la maîtresse.
CRBSPIN.
Mais enfin , sommes-nous aimés?
LISETTE, ( i^ùe de Voir. ) X)ai ,' meséietirs , nqjas aurons pour vous Des sCiilimens tréi-raisonnables , Et vous serez- aimés de nous Autant que vous serez aimables.
Maïs cela n'iest pas clair.
Voici mademoiselle ; elle s^expliquera mieux.