‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 184 sur 269 · SCÈNE premiers · texte numérisé non relu

SCÈNE premiers

• USETTE, DORVAL, CRISPJN.

Quoi! déjà? de si bonne heure?

GRISPIK.

Si vous aviez autant ^^amour que nous , charmante Lisette /vous auriez les yeux ouverts de bon matin.

LISETTE

Mais M. Géronte est sorti ; nous sommes seules. C'çst pQWr cd« que je vifîAs,

LI&ETTE

On nouîs a défendu de vous recevoir.

CRISPIN

En nous recevant ss^ns qii'an le sache , c^est comme si vous ne nous aviez pas reçus.

LISETTE

Ne vous y fiez pas. Quand monsieur s^élaig;ne d(^ la

324 ^ ^^ TftÉSOR SUPPOSÉ,

maûon, il y revient toujours ^us fÙi qu'on ne V Attend, n est bien fin !

Bah ! mademoiselle , ûoos en avons bien vu d'antres. Qu'est-ce qu'un oncle pour l'amour?

LISETTE

n est oncle et tuteur.

DORVAL

Tant mieux ! on n'aime plus les tuteurs. Nous aurons beau jeu«

LISETTE

Méritez-vous bien qu'on trompe un oncle pour volis?

DORVAL

Oui , si l'on m'aime. D'ailleurs, nous ne tromperons qu'un méchant homme , un avare

LISETTE

Méchant , oui ; mais avare ^ il ne l'est point. C'est au contraire parce qu'il aime à dépenser, qu'il cherche à se procurer de l'argept par tous les moyens possibles.

. BORYAL.

A cet égard, nous' ne risquons rien avec lui. Je le

défie de me ruiner.

LISETTE

Cela est déjà fait , n'est-ce pas? Autrefois vous étiez

un modèle de sagesse; mais depuis que M. votre père

a passé les mers, et s'est établi à Pondi... Ponti...

Pondichéry. .

CRispm.

Tout près d'ici.

LISETTE

Avouez , monsieur Dorval, que vous vous êtes bien dérangé?

DORVAL

Calomnie , Lisette , . calomnie !

CRISPIN

Eh! qu'a-t-il donc fait, ce cher maître? il est jeune, il a mangé de l'argent; et il a mangé de l'argent parce qu'il est jeune.

LISETTE

Et il en a tant mangé qu'il n'en a plus.

CRISPIN

A peu près.

DORVAL

Cependant il me reste la maison qui touche à celleci. C'est une propriété qui est encore intacte , et qui fait grande envie à votre maître.

LISETTE

C'est fort heureux pour vous; car sans cette maison, que M. Géronte espère acheter à peu près pour rien , il ne vous aurait jamais reçu dans la sienne.

Maudite maison ! il faudra donc te vendre. Mais

quand l'amour me réduit à cette extrémité fâcheuse ,

apprends-moi donc au moins «si Lucile me sait gré du

sacrifice?

CRISPIN

C'est-à-dire , si nous sommes aimés.

^ LISETTE

Ah ! vous voulez une déclaration.

CRISPIN

Décisive.

LISETTE

Ecoutez :

326 1^ THKSOR STJFPOSÊ»

Oui, messâcurs, nous aurons pour toûl Des seDtimens très-ndsoniiaUes ; Cir Yous serez aimés de neoi Autant que yoas sevez aimaUes^

DORTAL.

Comment penx-ta douter?...

LISETTE. (^SuUe de l^éUr. }

Je sais qa'on amant file doux :

Toojom's constant, jamais jaloux, Il a tons les égards pour noos , Le cœnr sincère et lliamear firanche ^ Mais aussitôt qu^il est époux , Il sait bien prendre sa reyanclie*

CRISHN.

Vous appelez cela uïie déclaration?

• LISETTE^ ( Suile de Voir. )

Om , messieurs , nous n^aurons pour Youat

Que des sentimens raisonnables ,

Et vous serez aimés de nous

Tant qile tous savez étl« àimaMcs.

BORVAL.

Mais Lutfle sak cjoè'^e i^adore ^ qM...

LISETTE. ( Suite de Voir. )

L'amant est bien obéissant ; Mais un époiit , Otàriïs roltiplaisaul , Sait bientôt nous faire connaître Que du lo^ il est le mattre* Puisqu^ici-bas tout doit finir, Puîsqu^un jour notre charme cesse , Si la femme doit obéir, Laissez-la quelque temps jouir Du plaisir d^étre la maîtresse.

CRBSPIN.

Mais enfin , sommes-nous aimés?

LISETTE, ( i^ùe de Voir. ) X)ai ,' meséietirs , nqjas aurons pour vous Des sCiilimens tréi-raisonnables , Et vous serez- aimés de nous Autant que vous serez aimables.

Maïs cela n'iest pas clair.

Voici mademoiselle ; elle s^expliquera mieux.

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