‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 187 sur 269 · LUCILE, LISETTE, DORVAL. CRISPIN · texte numérisé non relu

LUCILE, LISETTE, DORVAL. CRISPIN

Ah! qu'il m*impatieiite ! Que rif n ne ^ous tounnente ;

Quel est donc ce moyen? Allez, je le tiens bien :

Ah ! comiae il me tourmente ! L'affaire est excellente ;

Il ne trouvera rien. ' Je suis sâr du ioioyen.

Sortons , monsieur. Allons travailler au projet.

LUCÏLE.

Donnez-nous quelque espérance.

LISETTE

Un mot , au moins.

DORVAL

Un mot !

CRISPIN

Le voici le mot. Je compose une lettre... cela suffit. Si je ne vous niarie pas demain , dites que je suis le plus grand maraud...

DORVAL

Je le dis bien sans cela.

CRISPIN

Sortons.

LUCILE

Lisette, ijétitends une voiture.

LISETTE

O ciel! serait-ce?.!.

CRISPIN

Paix! écoutons.

334 I*K TRÉSOR SUPiPOSÉ)

GËRONTE , derrière le Uiëitre.

Eh bien! personne ici?

LISETTE

C*est monsieur, nous sommes perdus.

DORVAL

Comment fiiir?

GRISFIN.

Cachons-nous.

DORVAL

Dans cp cabinet.

{Ilsê cache dans le cahinei àdr^iii.)

GRISPIN.

Mol , SOUS la table* {Il s'y cache. )

LUGILE.

Je tremble.

LISETTE

Du courage.

LUGILE.

Le voici.

SCÈISE III. •

LES PHÉCÉRENS, GÉRONTE.

GERONTE.

Comment! personne là-dedans? Vous ne m!avez

pas entendu?

'^ LISETTE

Monsieur ! nous ne vous attendions pas si tAt.

GERONTÉ,

C'est ce qu'il me semble. .

LUClLil Mon oncle , avez- vous fait un bon voyage ?

GERONTE.

Mauvais. J'avais beaucoup d'argent à toucher, je

n^ai reçu fae cela. ( // pose les sacs sur la table. ) Mes débiteurs se sopt mis à la mode , ils ne paient plas. Mais qu'avez-vous donc "^ vous êtes toutes déçOQCer- * tées; je vous dérange peut-être?

LUCILE

Ah! mon oncle , pouvez-vous croire?...

\Pendant cette scène, Cnspin soulève la table sous laqueUa il est, et peu à peu U kkJcUi roukr près d» la porte. )

GERONTE.

Oh ! non , je ne puis rien croire. En l'abseitce Sk\m tateur, qui pourrait penser....

LISETTE

Que vDolevvous Jlre , monsieur?

GERONTE.

Tu le demandes? Je veux dire qu'avec une gouvernaote aussi raisonnable que toi, ma nièce n'a pu s'occuper que du plaisir qu'elle aurait à me revoir.

LISETTE

Eh bien , vous avez deviné.

G£BONT£.

Sans doute,, on ne pense plus au beau Dorval?

LUCILE, Si f y pense, mon oncle, c'est que sa situation m'inquiète.

(&ERONTE.

Je sens bien qu'il n'est pas à son aise; mais s'il est gêné c'est lui qui l'a voulu.

LISETTE

Est-ce que vous savez où il est?

GERONTE.

Oui, je le sais.

336 LE TBÉSOR SDPPOSi,

LISETTE

C'est singulier.

GERONTE.

Qu'est-ce qu'il y a de singulier là-dedans? parbleu! il est caché.

LUaLE.

Comment 9 il est caché?

GERONTE.

Sans doute ; quand on a des créanciers à ses trousses il faut bien se cacher pour ne pas aller en prison.

LISETTE

Ah! j'entends.

Mais, l'auriez-vous vu par hasard?

(Pendant cette scène, Dorval Jàit plusi^furs tentatwes pour sortir du cabinet et traverser le théâtre , sans être vu. )

LUCILE

Je serai franche, mon oncle, je l'ai vu.

GERONTE.

Il a osé venir ici?

LISETTE

n voulait vous parler de sa maison.

GERONTE.

Il consent donc à la vendre maintenant?

LISETTE

C'est qu'il est dans l'embarras.

GERONTE.

Eh bien ! qu'il en sorte.

( Ici Donnai se hasarde à sortir dki cabinet )

LISETTE

Il y tâche, monsieur; vous avez grande envie de sa maison ?

GERONTE.

Oui, je veux de sa maison, mais pas de lui. Et après, qu'a-t-il fait ici ce Dorval? {Dorval sort.) •

LUGILE , ayec satifaction.

Ce gu^il a fait , mon oncle ? il est sorti.

GERONTE.

Je prois bien qu'il n'avait pas envie que je le trouva^e. L'a-t-on vu sortir de chez vous?

LISETTE

Non, monsieur, on ne Fa pas vu.

GERONTE.

C'est fort heureux. De pareilles visites vous feraient une fort mauvaise réputation.

(Ici Crispin soulève la table avec son dos et la fait marcher peu à peu près de la porte, )

LUCILE

Autrefois, mon oncle, vous m'aviez permis de le regarder comme l'homme qui devait faire mon bonheur.

GERONTE.

Oui , autrefois. Le père était ici , le fds était forcé d'être sage; mais depuis , ce libertin a dit : Mon père est aux Indes, il me rapportera des trésors, ainsi dépensons. Et puis les bak , et puis le jeu , et puis l'argent s'en va.

{Ici Crispin f en poussant la table, fait un peu *de bruit; Géronte se retourne,)

GERONTE , à Lisette.

Pourquoi dérangez-vous cette table?

LISETTE

Moi, monsieur!

THEATRE. T. IL ftA

GERONTE.

Oui , VOUS. Qui vous a dit de la mettre là?

LISETTE

Je voulais serrer votre argent.

GERONTE.

Et c'est pour le serrer que vous le poussez près de la porte? «

LISETTE

C'est bien innocemment.

GERONTE.

Portez ces sacs dans ce cabinet.

LISETTE

Dans lequel ?

GEBONTE.

Celui-là. (Lisette prend les sacs,) Quelle fantaisie d'aller mettre cette table là bas?

( Géronte prenant la table par un bout, Ja tire pour la

remettre à sa place, de sorte que, sans être vu, Çrispin

se lève et sort:

LUCILE

Bon ! les voilà dehors;

Il y a ici quelque mystère.... cette table.... cet embarras... Lisette , écoutez : je vous défends de recevoir Dorval, ou quiconque viendra de sa part. S'il se présente pour la maison , dites-lui qu'il s'adresse à moi setd. Obéissez , ou je voiis chasse. Allez.

LISETTE

Voilà ce que c'est : on se fâche parce qu'on n'a pu nous trouver en faute.

GERONTE.

Allez faire vos réflexions ailleiurs.

COMEDIE. 33q

Page 1