‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 202 sur 269 · GÉRONTE, CRISPIN · texte numérisé non relu

GÉRONTE, CRISPIN

( Ils entrent tenant chacun une anse de h cassette. )

GEROiNTE.

Mais, maraud , lâche donc cette cassette.

GRISPIN.

Pas si béte«

GERONTE.

Crains-tu que je ne te trompe?

COMEDIE. 3 j [

GRISPIN.

Monsieur, je suis très- craintif de mon naioreL

GERONTE.

£h bien! ouvrons-la donc; et puisque l'avarice te rend barbare y prends ta part , coquin , et fuis si loin que je ne te revoie jamais.

GRISPIN.

Dites , dites : les complimens ne me séduisent point.

GERONTE.

Crispin^ où est la clef?

GRISPIN.

Vous la tenez , monsieur.

Ok! c'est vrai ; ton mauvais procédé m'agite tellement...

GRISPIN.

L'éclat iit^ pierreries vous rendra la raison.

GERONTE.

Mais cette cassette est bien légère.

GRISPIN.

n ne faut pas un quintal de diamans pour cinq cent

mille livres.

GERONTE.

Crispin, la clef ne tourne pis; tu devrais bien m'aller chercher quelqu'outil pour forcer la serrure.

GRISPIN.

Non pas , non pas; nous en viendrons i bout

GERONTE.

£h bien, bourreau! je l'ouvre. La voilà... Ciel! je suis mort , il n'y a rien !

( Doïïval, Lucile et Lisette sont au fond et observent. )

372 LE ïRÉisOB SUPPOSÉ,

CRISPIN

Comment, rien?

GEROKTE.

Elle est vide ! ô dieu ! je suis perdu, ruiné ! *

Monsieur, calmez-vous; voilà un papier.

GERONTE.

£k! que m'importe ton papier? misérable ! Je me

meurs , on m'égorge !

CRISPIN

Ce papier nous indique peut-être Téndroit où est le trésor.

GERONTE,

Ah! tu crois... O ciel! lisons.... Je n'en puis plus.... lisons :

« Trésor pour mon fils. »

CRISPIN

Eh bien ! je vous le disais. Ouvrez le papier, lisez.

GERONTE.

Ah! Dieu! serait -il vrai? Je tremble.... Voyons.

« Mon cher fils , le plus beau des trésors est de a» savoir s'en passer... le travail^ l'économie et la fiu- » galité valent mieux que tous les diamans de l'uni-- » vers. » •

Plus d'espoir ! c'est fait de moi ! ( // tombe dans un JauieuiL )

{Ils approchent tous Vun après Vautre, et chacun jwi à la réponse brusque que lui fait Géronte. )

LUCILE

Mon oncle.

Laissez-moi.

LISETTE

Monsieur.

GERONTE.

Va-t-en au diable !

grispin:

Monsieur Géronte.

GERONTE.

Coquin! maraud! scélérat!

DORYAU

Monsieur Géronte.

GERONTE.

A d'autres! vous voilà, vous?

DORVAL

Oui, monsieur; et je veux calmer votre chagrin.

GERONTE.

C'est difficile.

DORVAL

Je vois que ma maison vous déplaît,

GERONTE.

Fort.

Elle est trop chère.

DORVAL

Eh bien ! jfe vous offre de la reprendre , et déchirons notre billet.

GERONTE.

Déchirons, dites -vous? O mon cher Dorval, vous me rendez la vie... déchirons, déchirons.

DORVAL

Un moment. Vous savez que j'aime la charmante Lucile : le retour de mon père, en rétablissant ma fortune , me rend digne de votre nièce. Accordez-moi sa main et déchirons notre billet.

374 I^ TRESOR SDPPO^.

GERONTE.

Y consens-ta, Lucile?

LUCILE

Je n'y mettrai point d'obstacle.

GERONTE.

Tonchez-là , Dorval , et déchirons , décliirons.

DORVAL

Un moment! attendons que ie contrat soit fait Appelons d'abord le notaire, pnis déchirons notre biUet.

GERONTE, luDt.

Qu'on aille chercher le notaire , et déchirons, déchirons.

Pour nous , Lisette , qui n'avons rien à déchirer , unissons nos cœurs et nos fortunes.

LISETTE

Et, pour être heureux, gardons-nous d'écouter aux portes.

CHŒUa FINAL.

Que tout cède au transport tpi m'inspire ; Oublions on moment de douleur :

Doux hymen ! à présent tout conspire A fixer près de nous le bonheur.

FIN

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