OPÉRA-BOUFFON EN UN ACTE
RBP&BSENTÉ POCft LA PltSMlÈBE FOIS SUR LE TRÉATM DB l'oPÂRA-COMIQUB , LB 9 MAI 1807.
PERSONNAGES
M. DUGRAVIER.
REINE, sa fUle.
LOUISE, sa nièce.
CESAR, amant de Reine.
CHARLES, amant de Louise.
JULIE, femme de chambre.
BERTRAND , yalet de M. Dugravier.
JASMIN, valet étranger, amant de Julie.
La scène est dans la maison de campagne de M. Dugracier, près du village de Bondy.
AYERTISSEMENT.
Si le mérite d'un ouvrage se basait sur le nombre de ses représentations, l'opéra comique des Rendezvous bourgeois serait le chef-d'œuvre de son auteur. Cette bouffonnerie, à laquelle M. Hoffman n'attachait aucune importance littéraire, fat le résultat d'une espèce de défi. Quelques acteurs refasaient de croire que l'écrivain à qui l'on devait Euphrosine, Stratonice, Médée^ et autres drames, pût jamais descendre avec succès jusqu'à la farce. Excité par ce doute, M. HofEman conçut ses Rendez-vous. Lors de la lecture qu'il en fit au comité , un rire inextinguible s'empara des juges; mais,* au lieu d'être désarmés, quelques-uns décidèrent que cette pièce n'était pas d'assez bon ton pour leur théâtre. Heureusement cet avis ne fat pas celui de la majorité. L'ouvrage étant reçu, Nicolo s'empressa de le mettre en musique; mais lorsqu'il fallut distribuer les rôles, une clameur de haro s'éleva de la' part des notabilités sociétaires de l'époque qui composaient la troupe dorée et la troupe dey^r-iiiï/2^.- la première comptait pour maîtres Elleviou et Martin ; la seconde était commandée par Gavaudan. Madame Saint- Aubin fat la seule qui ne refasa pas de prêter aux Rendez-vous bourgeois l'appui de sa haute renommée ; Juliet et Lesage se joignirent à elle. Huet et Paul, qui n'étaient encore que pensionnaires, se chargèrent, l'un du rôle de César ^ l'autre de celui de Joujou; chacun d'eux mit dans
son personnage une originalité remarquable. La pièce réussit : mais pendant plusieurs représentations consécutives des sifflets protestèrent contre le genre de l'ouvrage ; enfin le comique des situations, le naturel du dialogue et la gracieuse mélodie de la musique triomphèrent de tous les scrupules , et procurèrent à cette spirituelle débauche d'un homme supérieur, une vogue qui ne s'est pas démentie depuis plus de vingt ans. Cette dernière circonstance nous a déterminé à placer les JRendez-vous bourgeois dans notre collection. Une pièce qui obtient un succès si soutenu n^est pas entièrement indigne de l'attention du lecteur. Au surplus, une autre considération ne nous permettait pas d'hésiter. Depuis long-temps des acteurs de Paris et des départémens ajoutent à leurs rôles des plaisanteries et des lazzis de tréteau qu'on pourrait attribuer à Fauteur. La pièce , telle que nous l'imprimons , est conforme à une édition avouée par M. Hof&nan : il est juste qu'un écrivain ne soit chargé que de ses propres fautes.