‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 207 sur 269 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LES PRECEDEES, JASMIN, en dehors de la fenêtre»

JASMIN , à part.

Ce drôle ne la quittera pas.

JULIE, à part.

Âh ! voilà Jasmin.

BERTRAND

Mam'zelie Julie !

JULIE

Eh bien? ^

BERTRAND

Je vais vous dire un secret,

JULIE

Dis vite , et va-t-en.

BERTRAND

Not' maître va partir pour Paris.

Partir pour- Paris !

BERTRAND

Je serai obligé de l'y accompagner.

JASMIN , à put.

Bon voyage!

BERTRAND

Promettez-moi que pendant mon absence Jasmin ne viendra pas ici.

{^Jasmin entre et se cache derrière la porte du cabinet.)

JULIE

Oh ! je te promets qu'il ne viendra pas.

BERTRAND

Dam' ! c'est qu'il j vient queuq'fois , et je gage c[ue c'est par là qu'il entre et qu'il sort, car j'ai vu des trous dans la couche qui est sous la fenêtre , et i] est bien aisé de voir qu'on y a sauté.

JULIE

Des trous dans la couche : c'est quelque chien qui aura gratté.

BERTRAND

Si j'attrape ce chien-là!...

JULIK

L^imbécile !

Tehez, mam'zelle Julie ^ faisons la^aix.

JULIE

Comment?

BERTRAND

Pour ma journée d'aujourd'hui et de demain , laissez-moi prendre tant seulement un petit baiser.

JULIE

Un baiser ! à toi !

BERTRAND

Dam' ! j'en ferais mon profit tout comme un autre.

JULIE

Voyez donc le joli petit fanfan, pour lui donner des baisers ! Tu n'auras rien.

BERTRAND

J'en aurai , morgue ! ( // veut V embrasser. )

TRIO* JULIB.

N'ose pas approcher , Je saurai me défendre.

JASMII7 y à part.

Et je n'ose approcher.

Je ne puis la défendre !

BERTRAND

Qui peut m'en empêcher f Je saurai bien le prendre.

JASMIN , très-fort.^ Maraud!

BERTRAND y étonné.

Quoi que je viens d'entendre?

384 ^^^ RENDEZ- vous BOURGEOIS,

JULIE, malignemenL Cest quelqu^un qui t^appelle en bas.

,^ ^ BERTRAND

Peut-être bien quMl est là-bas.

JUUE, JASMIN, àparL

Descends donc , ) ,,

^^ . , , J tu 1 attraperas»

Uni, descends, > '^

BERTRAND ^ à la fenêtre.

Attends , attends , je vais descendre.

JULIE

Cest quelque qui veut im baiser.

BERTRAND , à la fenêtre.

Attends , attends , je vais descendre.

JULIE

On ne peut le lui refuser.

JASMIN , embrasse Julie.

Moi , sans effort , je sais le prendre.

( // se cache derrière le tapis.)

Oui , je m^en vais aller là bas ; Nous verrons s^il ose m'attendre.

JULIE, JASMIN, caché.

Cours vite , tu Tattrapperas ; Dépéche-toi, tu vas le prendre.

(^Bertrand sort,) JULIE, à Jasmin.

Tu ne peux plus rester ici.

JASMIN

Un seul instant.

JULIE

Non , mon ami.

OPiRA-BOUFFON. . 385

JASSIIN.

Comment pois-je descendre ?

Bertrand rôde là-^bas.

JULIEv •

Attends /et tu verras

Comment je sais m'y prendre.

Je vais bien Fattraper ;

Par fois il faat tromper :

Car en amour comme à la guerre, Un peu de ruse est nécessaire.

( Eile parle par la fenélreS)

BERTRAND , dans le Jardin.

Eh bien ?

JULIE

Pour t'apaiser, Viens prendre ce petit baiser.

BERTRAND

Vraiment?

JULIE

Viens j que je te le donne.

BERTRAND

Ah ! VOUS êtes une friponne , Vous voulez encor m'attraper.

JULIE

Non , je ne veux point te trompen

BERTRAND

J'y cours.

JULIE

Par fois il faut tromper*

JASMIN

Elle 4^t bien tromper.

tHBATUU T. U.' aS

JULIE f JASMIIÏ.

Maïs en amour comme à la gaerre , Un peu de rose est nécessaire.

JULIE

Allons, descends ; je tremb)^—* JASMII9 enjambe lafenéire, « Ma Julie , à revoir I

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