SCÈNE V
BERTRAND, DUGRAVIER.
• DUGRAVIER.
Bertrand , tout esl-il prêt pour notre pcôt voyage ?
Oui, monsieur, votre jument est sellée; nous devrions nous dépêcher un peu , car le jour commence à baisser, et pour traverser la forêt...
Wkra-^boi^ffon. âÔ7
BUGRAVIËa.
As-tu peur?
BERllUKB;
Ma foi! nous demèurôtis dans ùnètbaison qui" est
plantée toute seule au t^iti d'un bois , et (iUél bois
encore ! la forêt de Bond;f !
DVGRikYIËR.
Poltron !
BERTRAND
Ah! il n'y a pas à s'y lieri f*as plus tard qu'hier^ on a volé le cheval du curé; j'ai peiir qu'on ne mé vole aussi.
DUGRAYIfiR,
. Imbécile ! on me volerait plutôt que toi.
BERTRAND
Ce voyage est donc bien pi'essè pour vouloir jpartir ce soir?
DUGRAVIER.
Mon ami, tu es prudent , je puis nie confier à toi?
Vous pouvez me conter toiis vos secrets-, je iuis sur $ tout ce que vous iiie dite^ m'e&tre par une oreille et me sort par Tautre; c'est comme si vous.iié parliejB pas.
DDGRAVIER.
C'est bien, mon garçon, c'est honnête. Apprends donc que deux bourgeois comipe il faut , me demandent ma fille et ma nièce ^n mariage pour leurs filsi
BERTRAND
Bien, monsieur, deux bourgeois; vous n'êtes pas fier, vous prospérerez.
DUGRAYIER.
Le premier est cet orfèvre qui demeuré près de chez nous , à Paris.
388 LES RENDEZ-VOUS BOUaGEOlS,
BERTRAND
M. Josse?
DUGRAYIER.
Oui , M. Josse ; Fautre est M. Rose , ce gros traiteur de la rue aa Foin, tu sais?
BERTRAND
Oui, monsieur, la rue au Foin, j'y ai mangé queuqu'fois. Diable ! vli deux filles qui ne seront pas à plaindre , Tune verra toujours de l'argent , et Vautre est sûre de ne pas mourir de faim.
DUGRAVIER
J'ai rendez -vous ce soir pour traiter l'affaire à souper.
BERTRAND
Allons, monneur, partons. Il va faire nuit.
DUGRAVIER , appeUnl.
Julie ! Julie !
JULIE, accoannt
Monsieur?
DUGRAVIER.
Dis à ma fille et à ma nièce que je veux les voir avant de partir. (Julie sort. ) Bertrand, tu crois donc que ce bois n'est pas sûr?
BERTRAND
n n'y a pas de jour qu'on n'y voie queuqu' chose dans ce bois-là.
DUGRAVIER , à pirt
Diable! s'il disait vrai! (Haut.) N'aie pas peur, mon garçon, je suis avec toi. {A pari.) Ce bois-là m'inquiète. -
OPÉRA-BOTJFFON , 889