SCÈNE XVII
JASMIN, senl.
( // entre par la fenêtre, )
Il n^y a personne ; je puis entrer. Songeons d'abord où nous nous cacherons en attendant Julie. (// veut oui^rir les cabinets.) Ah ! ces cabinets sont fermés. 11 faat cependant me mettre quelque part, car si les
4lO LES RSmEZ-yoUS BOURGEOIS,
demoiselles me voyaient , cela dérangerait le rendezvous. Eh! sous cette table!... on se gène un peapour quelques instans. (// soulève h tapis.) Ce meuble n'a pas été fait pour j coucher un honnête homme.... je m'y mettrai.
Un moment de gêne,
Un instant de peine ,
Nons fait mieux sentir
Celai du plaisir.
En amant bien tendre ,
Sans nous affliger ,
Il me faut attendre
L'heure du berger.
Espérer et craindre ,
Jouir et se plaindre ,
Voîlà tour à tour,
Le sort de l'amour.
Maïs an peu de gène ,
Mais un peu de peine ,
Nous fait mieux sentir
L'instant du plaisir.
Allons , allons , sans plus attendre , Sous ce tapis retirons-nous.
(// se couche sous la table, dont le tapis, plus court par de- Qant, le laisse voir aux spectateurs. Il chante sous la table.)
La couche n'en est pas trop tendre , Mais en amour tout semble doux.
( Dans ce moment César et Charles entrouçrent les portes de leurs cabinets. )
CÉSAR
Ma Reine se fait bien attendre.
CHARLES
Louis€L se fait bien attendre.
OPÉK A-BOUFFON. 4 * ^