SCÈNE XXIV
DUGRAYIER, RERTRAND, JASMIN.
JASMIN , ioui la table.
Est--ce que je vais coucher ici?
BERTRAND
Dieu merci! il n'y a plus personne que nous.
OPÉRA-BOUFFON. \l^
DUGRAVIER.
jDis-moî , Bertrand , es-tu sûr que ces gens étaient îes voleurs?
Ma fine! moi, je n'en sais rien; je vous ai dit : voilà trois hommes , et tout de suite vous avez tourné le dos.
DUGRAVIER.
Bertrand, il faut que je vende cette maison , tu y deviendrais malade de peur.
BERTRAND
Vendez-la, monsieur; Fair n'y est pas meilleur pour vous que pour moi.
DUGRAYIER.
Allons, trembleur, donne-moi ma robe de chambre» (Bertrand sort.) Fermons aussi cette fenêtre.
JASMIN, sons U table.
n m'a coupé la retraite.
BERTRAND, revient /j^ ' '
Voilà la robe de chambre. p '^V Vf . - r .; . \
JASMIN, soos la table. ^ - ^? JÇ/:.^
Est-ce qu'il va se coucher?
DUGRAVIER^
Mon bonnet de nuit.
BERTRAND
Le voilà.
{Bugravier met sa robe de chambre et son bonnet de nuit.)
JASMIN , sons la table.
, S'il voulait m'en donner un aussi?
Monsieur \
THEATRE. T. U. a;
4l8 LES RENDEZ-VOUS BOURGEOÛ ,
DUGRAYIER.
Eh bien ?
BERTRAND
N'avez-vous rien entendu?
DUGBAYIER.
Non.
BERTRAND
Il me semble qu'on a soupiré.
DUGRAYIER , déguisant ta pcor.
Soupiré ! on ne devrait jamais demeurer avec des poltrons , c'est un mal qui se gagne.
BERTRAND
Oui, monsieur, ça se gagne, car j'ai bien peur chez vous.
DUGRAYIER, s*aMted près de U table.
Approche cette lumière ; j 'ai tant couru que je crains d^avoir perdu quelques papiers.
JASMIN , soQs la uble.
Coûte que coûte , il faut essayer de sortir.
Voilà les lettres, voilà....
BERTRAND
Monsieur! monsieur!
DUGRAYIER
Quoi donc?
BERTRAND
Une porte qui s'ouvre toute seule !
(Charles pousse doucement sa porter gui s'outre en dehors.)
DUGRAYIER, t^enojblaat, d*ane voix iiouffét.
Juste ciel ! > ,
GHAQLES/à part et timidement.
[ Est-ce qu'elle va me laisser là jusqu'à demaio?
OPÉR A-BOUFFO». 4^ ^
DUGBAVIER , de mèmt.
Bertrand , va chercher maln-fbrte.
BERTRAND, mourant de peur.
Je n'ai plus de pucnbes, monsienr. . .. ^t Tantre porte qui s'ouvre !
DUGRAVIER, ne poavàot pliu artîcater.
Miséricorde 1
CESAR , poussant sa porte doucement.
Puisqu'elle ne vient pas , il faut sortir. {Dugnwier et Bertrand aperçowent le grand chapeau^
DUGRAVIER et BERTRAND.
Âh ! c'est fait de nous !
(César et Charles se regardent un moment,)
JASMIN, très'foit.
Sauve qui peut !
(Dans ce moment, Jasmin sort de dessous la tablé en tirant le tapis,, qu'il jette sur Dugraçier et sur Bertrand gui sont tombés à terre ; il s' avance vers la fenêtre^ f ouvre et saute; Charles, gui est près de la croisée^ s'enfuà, et sauie après Jasmin; enfin César trai^rse le théâtre à grandes enjambées , et saute après eUx* Les bougies sont tombées et éteintes; Dugraçier et Bertrand crient d'une voix étouffée^
DUGRAVIER et BERTRAND , à tewe.
Au voleur! au voleur! au secours! Âh! ah! ah!
BERTRAND, toujours à terre, et après une longue pause.
Monteur, ils sont partis.
DUGRAVIER, de même.
Combien étaient-ils?
BERTRAND
J'en ai compté sept. (// se relève.)
420 LES RENDEZ-VOUS BOUEGEOIl^i
DUGRAlYIER , toujours à terre.
Sept! bon dieu!
BERTRAND , diebotti, à son maître qaî est couche.
Ah! monsieur, que vous êtes heureux de n'avoir jamais peur !
DUGRAYIER , se relcTant.
Maudite maison de campagne !
( On entend frapper aux deux portes du fond; Dugravier et Bertrand retombent à terre.)
DUGRAYIER kt BERTRAND.
Ah ! mon dieu !
BERTRAND
Les voilà gui reviennent.
REINE , derrière la porte.
"^Mon père , qu'avez- vous donc ?
LOUISE, de même.
Mon oncle !
JULIE, de même.
Monsieur, c'est nous.
DUGRAVIER^ se relèye.
Ce sont elles, va ouvrir, Bertrand.... va donc, poltron.
BERTRAND; ayant d'onyrir.
Êtes-vous seules ?