‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 229 sur 269 · SCÈNE XXVI ET DERNIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE XXVI ET DERNIERE

L£$ PA£C£i>£Ns, JULIE, CJiSA|l, CHARLES^

JASMIN

CÉSAR

Rassurez-vous, mesdames.

REINE , à parL

C'est lui!

CHARLES » à DtMsrantr.

Monâeur , n'ayez pas peur.

iOUISJS , à 9»!^.

Ci'çst mon petit Charles !

CÉSAR

Le plus heureux hasard nous a conduits près de votre maison; nous avons vu des voleurs qui franchissaient la haie du jardin, nous avons couru sur eux , et la fuite seule a pu les dérober à nos coups ; j^avais d'abord pris ce jeune homme pour un de ces messieurs....

CHARLES

J'en disais bien autant de vous.

CÉSAR

Mais, après uqe courte explication, j'ai vu qu^il n'avait que des intentions honnêtes. Bannissez donc toute crainte , et comptez-nous, mesdames, au nombre de vos amis et de vos défenseurs.

DUGRAVIER.

Quoi ! messieurs , c^est à vous que nous devons....

CÉSAR

Oui, monsieur, c'est à nous que vous devez tout ceci.

BERTRAND

J'ai déjà vu ce visage-là.

DUGRAVIER.

Messieurs , comme il y a des coquins qui ont Taîr de fort honnêtes gens , excusez si je prends la liberté de vous demander qui vous êtes.

CÉSAR

Monsieur , je me nomme César Josse.

CRARLES.

Et moi, monsieur, Charles Rose.

O ciel ! qu'ai-je entendu ! Quoi I vous êtes monsieur Josse ? Quoi ! vous êtes monsieur Rose ?

4^4 liES RENDEZ-VOUS BOURGEOia^

CÉSAR XT CHARLES.

Oui, monsieiir.

DUGRAYIER.

Le fils de monsieiir Josse....

CÉSAR

L'orfèvre votre vomn.

DUGRAYIER.

Le fils de monsieur Rose....

CHARLES

Qui fait noces et festins.

DUGRAVIER.

Ah! monsieur Josse! Âh! monsieur Rose! quel bonheur de vous voir ici ! Vous savez sans doute que vos parens m'ont demandé pour vous les mains de ma fille et de ma nièce ?

CÉSAR

Mon père nie l'avait promis*

CHARLES

Le mien aussi.

DUGRAYIER, montrant les lettres qai sont éparses sar le plancker.

Tenez , voilà les lettres de messieurs vos pères. J'étais déjà disposé à ce mariage 9 mais l'action héroïque que vous venez de faire sufi&rait seule poiff me décider. Ma fille , ma nièce , qu'en dites-vous?

REINE

Je vous obéis avec d'autant plus de plaisir que j'ai déjà beaucoup d'estime pour monsieur.

LOUISE

Et moi, mon oncle, j'aimais déjà bien Charles.

CHARLES

C'est vrai , çà^.

DUGRAYIER.

Vons vous connaissiez ! mais je ne me soaviens pas que monsieur Rose ait eu un fils qui se nommât Charles.

CHARLES

Oh! c'est que j'ai deux noms. Mon papa m'appelle Charles, mais maman m'appeUe Joujou.

DUGRAYIER

Je me souviens de Joujou; comme il a grandi !

BERTRAND

C'est qu'il est à bonne cuisine.

JASMIN

Monsieur, je suis l'un des héros qui vous ont secouru; puis-je espérer la même récompense?

Qii0 puis-je faire pour toi, mon garçon?

JASMIN

Depuis long-temps je soupire pour l'aimable Julie...

BERTRAND , brusquement.

Et moi aussi , je soupire.

JULIE

Oui, monsieur, ils m'aiment tous deux; mais voyez , jugez et choisissez.

DUGRAYIER.

Ne prends pas Bertrand , c'est un poltron.

JASMIN

Bien jugé!

BERTRAND

Je m'en moque , là ! On ne veut pas que je sois faarié , eh bien!... je ne le serai pas !

BUGRAVIER.

Allons, mesenfans, soupons, passons gaïknent ta soirée , et demain nous irons à Paris assurer votre bonheur.

BUGRAVIER.

En ce inonde , je Padmire ,

Tout s^arrange comme il faut

On a bien raison de dire

Que tout est écrit là haut.

Quand un hasard favorable ,

Ici vous rémiit tous ,

On se donnerait au diable ,

Que c^était un rendez-vous. ( hi$, )

LOUISE , à CharUs.

Nous allons donc dire : j'aime !

CHARLES

Et le dire à tout moment !

LOUISE

Ce sera toujours de même.

CHARLES

Ce sera toujours charmant.

CÉSAR, à Reine.

Reine , Phymen nous engage ; Jouissons d'un sort si doux.

REINE

Mais après le mariage, N'ayez plus de rendez-rous.

CESAR

Je n'en aurai qu'ayec yous.

JASMIN , à Julie.

Avec toi , rhère Julie , Sans en craindre le dangier ,

Dans la grande confrérie , Jasmin veut bien s'engager :

Et quant au destin contraire Qui menace les époux....

JULIE , parle.

Que veux-tu dire , faquin ?

JASMIN

Pais que ton mari , ma chère ,

Ne soit pas du rendez-vous. ( bis. )

BERTRAND

Dans cette heureuse aventure , Dont chacun se trouve bien , Bertrand fait triste figure , Et lui seul il n'aura rien.

BUGRAVIER, à Bertrand.

Mais tu seras de la fête.

CHARLES , à Bertrand.

Le repas se fait chez nous.

BERTRAND , parle.

Le repas ! ma foi ! malgré la jalousie qui me poignarde , quand il s'agit d'un repas... (// chante.) Je ne suis pas assez béte Pour manquer au rendez-vous. ( bis. )

JULIE, au parterre.

Messieurs , pour ce badinage , N'ayez pas trop de rigueur ; , >

Et d'un triple mariage Ne troublez pas la douceur.

A cette petite fête , Quand je vous invite tous , Il ne serait pas honnête De manquer au rendez-vous. ( bis. )

FIN

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