RÉCITATIF
JENNI
Cher époux !
VILLIAM.
Plus d'espoir ; il faut cesser de vivre.
JENNI
Ne me refuse pas la douceur de te suivre.
DRAIMIE. 4?
VILLIAM.
ht me suivre , grand dieu!
JENNI
Tu connais mon amour ; Ne me condanme pas à conserver le jour.
VILLIAM.
O cîel !
JENTîI.
Ouï , cher époux , en te restant fidelle y En faisant mon bonheur de vivre sous ta loi y En jurant aux tyrans une haine étemelle, J^ai mérité Thonneur de mourir avec toi.
VILLIAM.
o touchante victime !
JENNI
t)ui , nous mourrons ensemble , Et nos amis diront : que leur sort est heureux ! L'amour les unissait , le tombeau les rassemble , Et la main des brigaïids ne peut plus rien sur eux.
-Dcro.
YILLIAM. JEIWI.
0 trouble ! 6 peine extrême ! O toi ! mon bien suprême , Conserve ce que j'aime , Non ,^la mort , la mort même
Reste pour me pleurer. Ne peut nous sépai-er.
De réponse que j'aime Non , la mort , la mort même
D faut mé séparer. Ne peut nous séparer.
YILLIAM.
Avant que de fermer les yeux à la lunàière , Pour la dernière fois donne^moi cette main.
JENNI
Je veux à mon heure dernière Te pressier encor sur mon sein.
4â LE ËRIOAKD,
VILLIÀM.
Tourne sur moi ta moui'ante paupière.
JEKNI*
Fermons au même instant les yeux à la lumière»
VILLIAM.
Confondons nos derniers soupirs.
JENNI, aQecjoie. Sur le bord de la tombe il est donc des plaisirs !
ENSEMBLEi
O toi! mon bien suprême, etCi
VILLIAM.
Le trépas sera donc le prix de ta tendresse ?
JENNIi
Cesse de m^effrayer. •
ViLLIAM.
Oui, mottrons sans faiblesse.
Nos bourreaux jouiraient sMls nous voyaient pleuret^
O. tyran! tombe de ton trône ; La foudre est prête à te frapper , En vain tu prétends échapper, A. la haipe^qui t'environne :
La foudre est prête à te frapper.
VILLIAM.
' QuWe Euménide effrayante ,
Menaçante, Te liyre aux remords dévorans!.
JENNI
De nos fleuves puisse Fonde
Vagabonde , Rouler tes membres palpitans !
Que Tenfer, pour ton supplice , Applaudisse^ A tes tourmens , Et que ta tête sanglante Épouvante Tous les brigands*