JPIN DU TROISIEME ET DERNIER ACTE
LE JOCREI
COMEDIE EN UN ACTE ET EN PROSE
MÊLÉE d'aBIETTKS/
REPRÉSENTÉE SUR tB THEATRE BE L^OPéRA-COMIQUE , LE lO NIVOSE AN IV (6 janvier 179G).
PERSONNAGES
UXVAL, Amant d'Alexandrine.
DATION , Oncle de linvaL ISABELLE , promise à LinvaL LA FLEUR, Valet de LînvaL
ha scène est chez Damoa,
^tarifa
AYERTISSEMENT.
Ce sujet était difficile à traiter. Une jeune personne abandonnant ta maison paterioelle pour suivre l'amant qui n'est pas encore son ^poux , était une héroïne d'un dangereux exemple ^ bien que peu de temps avant cette époque on eût décrété deS récompenses civiques pour toute demoiselle qui donnerait de petits citoyens à la nation. Au reste , l'auteur ne s'^était pas dissimulé l'écueil de son sujet; mais,^ à cet égard ^ il avait une poétique arrêtée. « Lorsque vous croirez une situation hasardée , disait-il aux jeunes auteurs qui lé consultaient sur leurs ouvrages, présentez -la sans hésitation dès les premières scènes; si vous avez l'air de douter, vous êtes perdus. » Â cette occasion , il citait pour exemple sa comédie du JockeL La coupable fugitive commence la pièce par ces mots : « Que de chagrins nous cause une première faute ! j'ai quitté mes parens pour suivre celui que j'aime, etc.; » cette hardiesse, ajoutait M. Hoffhian , imposa tellement au public , qu'il écouta sans murmurer le reste de la confidence et applaudit les couplets : Lorsque ifous verrez un amant, etc.
La suite prouva que M. Hofïman ne s'était pas trompé. Son Jockei obtint un tf ès-grand nombre de représentations, et, pendant plusieurs années, cet ouvrage fat Joué une ou deux fois par semaine. Il est vrai que les talens réunis de Dozalnville , de Carline et de madame Saint-Âubin ajoutaient au comique de la situation et à la piquante originalité du dialogue*
THÉATliB. T. U. 5
La musiqne de Solié contribua également à rendre ce succès populaire.
n y a danScet opéra une scène charmante dans laquelle Isabelle et Linval s'avouent réciproquement qu'ils n'ont point d'amour l'un pour l'autre. Cette situation a été irmUe depuis par beaucoup d'auteurs, qiu ne sauraient donner la même excuse que Molière, car ces messieurs ne prennent pas leur bien où ils le trouvent , mais ils s'emparent sans scrupule des idées d'autrui.
LB JOCEBI,