‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 49 sur 269 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ISABELLE, ALEXANDRESE.

ALEXANORINE^'co a^^ns.

Sont-ib partis?

ISABELLE

Quelle voix! quelqu'un dans cette chambre î

ALEXANDRINE, en aedans.

Est-ce toi , La Fleur?

ISABELLE

C'est la voix d'une femme.

ALEXANDRINE sort, habillée en jockei.

Réponds donc... Ah! pardon, madame, je croyais parler à La Fleur.

ISABELLE y émue.

{A part.) Je me suis trompée. (Haut.) Je croyais entrer dans ma chambre.

ALEXANDRINE

Qu'avez-vous? vous êtes émue

ISABELLE s'assied. »

Vous m'avez efifrayée.

ALEXANDRINS

Pardon ! c'est bien innocemment.

ISABELLE

Je le crois.

ALEXANDRINS

Etes-vous incommodée? avez-vous besoin de quelque chose?

ISABELLE

Faites-moi le plaisir de me donner un verre d'eau.

ALEXANDRINS

J'y cours. {Elle sort.)

ISABELLE

Je suis tout émue Une maison où je ne connais

personne Des domestiques qui vous traitent en

étrangère tout cela ajoute à mon ennui. Ah! mon

père ! où m'avez-vous envoyée ?

ALEXANDRINE , avec ub ?erre d^eau.

Mademoiselle , le voilà.

ISABELLE

Je vous remercie. ( Alexandrtne reprend le verre

(feau et le tient toujours sur rassiette.)

ALEXANDRINE

C'est VOUS , madame , qui épousez mon maître?

ISABELLE

Oui.

ALEXANDRINE

Sera-ce bientôt?

ISABELLE

Mais je ne sais.

ALEXANDRINE

Excusez ïna curiosité.

ISABELLE

n n'y a pas de mal; vous êtes à Linval?

ALEXANDRINE

Âh! oui, je suis à lui... et pour la vie; mais le voici qui revient.

78 LE JOCKEI,

LES VKÉcÈDEss , IINYAL, pids DAMON.

LINYALy en entrait.

Ciel ! que voîs-je ?

ALEXAKDRINf:, bas à UwnL

Paix! point de surprise.

DâMON ^ Tenant après.

Isabelle est-elle incommodée ?

ISABELLE

Ah ! ce n'est plus rien.

ALEXANDRIKE.

C'est un verre d'eau que mademoiselle m*a de^ mandé.

DAMON

Ah! ah! mon neveu ^ tu es donc à la mode, tu as

un iockei?

LravAL.

Oui, mon oncle, c*est un

ALEXANDRINS

C'est un jeune homme qui s'est attaché à monsieur, et qui le servira bien fidèlement.

DAMON

C'est répond/e à merveille. Mais, diable! il est gentil, ton jockei.

C'est le meilleur enfant du monde.

ALEXANDRINE

Qui , et l'on voulait le renvoyer.

DAMON

Et pourquoi cela?

COMEDIE. 'jn

LINVAL.

Je craignais que mon oncle ne désapprouvât.....

DAMON

Moi^ point du tout, je veux que tu le gardes.

ALEXANDRINE, à Linval.

Vous entendez , monsieur?

DAMON , au jockei.

Ne crains rien , mon enfant , tu resteras ; mais je n^en reviens paa, il est gentil à croquer, uae petite mine fine

ALEXANDRINS

La mine est souvent trompeuse.

DAMON

Mais pas trop , ce me semble ; tu resteras , mon ami, voUà mademoiselle qui épouse ton maître, et ta la serviras

ALEXANDRINE

Avec beaucoup de zèle , assurément.

DAMON , à Linyal.

Gomment s'appelle-t-il ?

LINYAL.

Mon oncle , il s'appelle

ALEXANDRINE

Alexandre.

DAMON

Alexandre! c'est un beau nom pour un jockei.

ALEXANDRINE

Âh ! ce n'est pas Âlexandre-le-Grand.

DAMON

De Férudition! Mais c'est une trouvaille que tu as fisdte là , mon neveu.

8o LE JOGKEI,

LINVAL.

Si elle vous plaît , je m'en félicite*

DAMON* Gomment ! mais elle me plaît fort. Eh bien ! I3a-^ beUe , cela va-t-il mieux?

ISABELLE

Gela est tout-à-fait passé.

DAMON

Le mariage raccommodera tout cela. Gomme le

petit jockei va être content! G'est une belle chose

qu'une noce.

ALEXANDRINK

Oui , monsieur. Gela sera jsuperbe.

DAMON, à Isabelle.

Allons , retirez-vous dans votre appartement. Reposez-vous; j'ai deux mots à dire à mon neveu. {Bas à Isabelle en la reconduisant ) Il m'a dit qu'il vous trouve charmante, que vous lui plaisez extrêmement.

ISABELLE

Ah! (Elle rentre.)

LINYAL, bas à Alexandrine.

Quelle imprudence !

ALEXANDRINS , de même.

Taisez-vous , du courage !

DAMON

Et toi, monsieur Alexandre, tu voudras bien nous laisser aussi.

ALEXANDRINE

J'obéis. (Elle sort,)

CQIVIÉDIE. 8l

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