‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 68 sur 269 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CÉCILE, THOMAS

THOMAS

Madame , me voilà revenu.

CÉCILE

Où est ton maître ?

THOMAS

Je n'en sais rien , madame.

CÉCILE

Tu l'as suivi ?

THOMAS

Oui , dans la rue.

cÉcaE.

Où est-il entré?

THOMAS

Dans une maison.

CÉCILE

Dans quelle maison?

THOMAS

Je n'en sais rien, madame.

CÉCILE

Vous me trompez.

THOMAS

Non, madame.

CECILE

Y a-t-il des femmes dans cette maison?

THQMAS.

n y en a partout, madame.

112 LE SEOUET,

CECILE

C'est donc chez one fimmic que ton iiEaâtre est allé?

THOMAS

Cela se peut bien , madame.

CBCDLE.

Ta le sais donc? ta me trompes, ta fais comme ton maître , ta le sers à mè tromper!

Je n'ai pas parlé de cela, madame.

CÉCHX.

Imbécifle!

TH09IAS.

Cela se peot bien, madame.

CÉCILE

Monsieur Thomas! voos m'avez l'air d'un mais rosé.

THOMAS

Madame me flatte.

CÉCILE

Je vons crois assez d'esprit pour savoir faire la béte.

THOMAS

Cela se peut bien, madame; il 7 a tant de bétes qui font de l'esprit.

CÉCILE

C'est cela, c'est cela; mais voyons : pourquoi pendant trois jours cette chambre a-t-elle été fermée?

THOMAS

Je n'en sais rien , madame.

CÉCILE

On y travaillait , on y a fait quelque opération mystérieuse^

THOMAS

Je l'ai cru comme irous; mais en j rentrant, j'ai trouvé tout à sa place.

CÉCILE

Vous n'avez rien su?

THOMAS

Monsieur ne me dit rien.

CÉCILE

Ni à moi : c'est ce qui me désole ; il me traite comme an de ses domestiques.

THOMAS

Et moi comme une femme ; car il ne me fait pas la plus petite confidence^

CÉCILE

Le sot ! Mais est-il entré quelqu'un ici ?

THOMAS

Oui, madame; hier, un homme est entré avec Monsieur; mais il n'est point sorti.

CÉCILE

Il est entré , et il n'est point sorti !

THOMAS

J'en suis sûr, j'étais à la porte.

CÉCILE

Quel conte ! Mais était-ce bien un homme?

Âh ! je n'ai pas examiné la chose.

CÉCILE, yivement

C'était une femme déguisée.

THOMAS

Cela se peut bien, madame.

THÉÂTRE. T. If. ^

11^ IJE SECRET,

CÉCILE

Mais qu'est-elle devenue?

THOMAS

Tenez , madame , je croîs que ce n'était ni un homme , ni une femme.

CÉCILE

Qu'est-ce donc ?

THOMAS

Ma foi ! je crois que c'était le diable ; car je ne comprends plus rien à tout ce qui se fait ici.

nuo»

CECILE

Tout cela me confond.

THOMAS

Tout cela me tracasse. - *

Tu ne te trompes point ?

Thomas.

J'étais à cette place.

CÉCILE

Tu l'as vu?

THOMAS

Je l'ai vu.

CECILE

C'était?..,.

THOMAS

Cétaitici.

CÉCILE

Mais qu'est-il devenu ?

THOMAS

C'est ce cpû m'embarrasse.

CÉCILE

Il est entré qnelqu'uii.

TfiOMÀS.

Maïs il n^est point sorti.

Tu Fas vu ! .

THOHAS.

Je; l'ai vu.

CÉCILE

Quelqu'un était ici?

THOMA4

Oui y le diable est entré ; maïs il n'est pas sorti. C'était lui , soyez-en sûre , Moi , je l'ai toujours pensé :

Car il faut qu'il ait passé ^

Par le trou de la serrure.

JSjrSJSMSZJE*

CÉCILE. THOMAS

Ah ! c*est trop m*oatrager ! Il n'est pas de danger ;

L*rograt trahit ma flamme ; y Laissons faire la dame ;

le sois jaloose et femme* , Dans ce cas , une femme

le saurai me venger l Sait toujours se venger.

CÉCILE

Mon cher Thomas ! je t'en conjure ,

Conte-moi tout , et sans détour.

Ton maître a-t-il quelqu'autre amour ?

THOMAS

Mais je l'ignore.

J'en suis sûre.

(^Elle lui donne de V argent*) Conte-moi tout , ne cache rien.

Il6 LE SECRET,

THOMAS Y prenant V argent.

Votre douleur touche mon âme,

CÉCILE

£h bien ! mon cher Thomas....

THOMAS

Ëhbien!

Apprenez qu'il aime une femme.

CÉCILE

Quelle femme?

TflOMAS.

Je n'en sais rien.

CÉCILE Y ai>ec colère.

Tu me mets à la torture ; Parle , ou je t'y forcerai.

'? THOMAS

• Je l'ignore, je l'assure ;

Mais bientôt je le saurai ; Car toujours j'écouterai Par le trou de la serrure.

ENSEMBLE

CÉCILE. THOMAS

Ob ! c'est trop m' outrager, ! etc. Il n'est pas de danger, etc.

Tenez , madame , voici quelqu'un qui peut vous instruire mieux que moi. ^

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