DUPUIS, VALÈRE
VALÈRE
Ah, mon ami"! quelles nouvelles m^apportezvous?
DUPUIS
Elles ne sont pas satisfaisantes. On parle , dans toute la ville , de votre duel, et du malheur que vous avez eu de tuer votre rival.
VALÈRE
Le ciel m'est témoin qu'il m'a forcé à lui arracher la vie.
DUPUIS
Je le sais; mais ses parens vous cherchent avec activité I et veulent vous poursuivre avec chaleur. Restez donc ici , et attendez des circonstances moins dangereuses pour oser vous découvrir. La retraite que jç vous ai ménagée , la porte mystérieuse qui y conduit, le secret de l'ouvrir dont je suis seul dépositaire 5 tout cela vous met à Tabri dçs recherches. Mais, vous-même, vous devez user de la plus grande circonspection. Observez donc le plus profond silence , et ne vous hasardez avenir dans cette chamibre, que quand je vous y appellerai moi-même.
VALÈRE-
Âh! mon ami! que ne vous*dois-je point?
DUPUIS
Vous me devez de tout faire pour votre conservation.
VALÈRE
Généreux ami! et votre femme, sans doute, n'est pas instruite des soins que vous prenez pour me sauver?
DUPUIS
Non , Valère ; un secret de cette importance ne doit se confier à aucune femme , et je ne suis pas sûr que la mienne mérite une exception.
VALÈRE
Et Angélique , ma chère Angélique , en avez-vous
des nouvelles?
DUPUIS
Voici une lettre qui vous instruira ; elle est de votre ami Dorval : les ^.étails qu'elle contient vous affligeront, mais ils vous forceront à prendre un parti sage.
Lisez-la, Valère; je vais retrouver Cécile ; restez dans cette chambre, je vais vous y enfernîer, et je serai seul quand je viendrai vous rejoindre. Je veux tâcher d'apaiser la colère de ma femme , si toutefois cela est en mon pouvoir. ( // sort et ferme la porte à la clé. )