SCÈNE XXVI
CÉCILE, THOMAS, ANGÉUQUK
Thomas!
Ah ! Diçif sf^t loué ! tout va se découvrir. Voil^ la dame qui voulait parler à monsieur.
ANGELIQUE
Madajne , M. Dupuis est-il rentré ?
CECILE y avec une raillerie piqnai^U*
Qu'est-ce que mademoiselle veut à M. JPupiiis?
ANGELIQUE
Je venais chercher la réponi^e à la lettre que j'ai remise i votre domestique.
THOMAS
Et d'une!
Une lettre? à mon mari? Eh ! peut-on savoir
ANGELIQUE
Oui y madame; elle contenait les inquiétudes d'une femme infortunée , à «jui M. Dupuis peut apprendre ce qu'elle a le plus grand intérêt de s^vQÎr.
CECILE
Cela me parait très-clair. M^isn'eat-ce peint v^ aussi qui avez envoyé une malle?
ANGELIQjUE*
Oui^ madame.
THOMAS
Et de deux !
CECILE
Mais 9 mademoiselle , il me parait fort étrange
qu^nne personne qqe je n'ai pa3 Thonueur de co»'^ MÎire, dispose de ma Buaisoii sans dai^Ober m'^n prévenir.
ANGÉLIQUE
Je sens que mes démarches peuvent vous paraître suspectes, et cependant, madame, elles n'ont rien qui doive vous allarmer. M. Dupuîs est seul déposi-^ taire à^un secret d^où dépend mon bonheur, et que. j'ignore moi-méi||^e. Obligée de foir mes parens, pour éviter la persécution, j'ai eu i^ecôurs à M. Dupuis, qui peut seul m'éclairer sur mon sort.
CECILE
Mais tout cela est très-innocent. Et commet, s'il vous plaît , connaissez-vous M. Dupuis?
ANGELIQUE
Je le connais très-peu , madame ; mais il est l'^oii
intime d'une personne qui m'est plus chère que la vie,
et il peut seul m'en donner des nouvelles. Quant à
cette malle , comme je suis poursuivie et obligée de
me cacher^ j'ai cru qu'elle serait plus en sûreté chez
un protecteur.
THOMAS
Oh ! oui , elle est bien en sûreté.
CECILE
Mademoiselle, en vérité , si je n'avais jamais lu de romans , celui-ci m'intéresserait beaucoup.
ANGELIQUE
Quoi ! madame , vous me faites l'injure....
CECILE
Point du tout , mademoiselle , je vois clairement que M. Dupuis est votre protecteur, et je le félicite sur le choix de sa protégée.
t44 ^ sfecfiEt,
ANGELIQUE
Madame , il ne me reste plus qu^à sortir d'une inai-: son où j'inspire des soupçons si huinilians.
CECILE
Mademoiselle , je ne souf&irai pas que vous vous exposiez dans la rue. Vous êtes poursuivie et obligée de vous cacher; vous ne pouvez être, nulle part, mieux cackée que chez M. Dupuis.
ANGELIQUE
Non , madame ! je sortirai.... Dieu ! quelle honte !
CEaLE.
Vous aurez pour agréable de rester jusqu'au retour de votre protecteur.
ANGELIQUE
Par grâce , laissez-moi m'en aller !
CECILE, la repoussant
Peine perdue , mademoiselle ! Vous attendrez^inoiï cher époux. Thomas! sortons !
ANGELIQUE-
Dieu ! que je suis malheureuse !
CECILE , tenant la portcf.
Rassurez vous , belle affligée ! Je vous amènerai bientôt un consolateur.
( Elle sort et enferme Angélique* )
Comédie* i 45