I. PALINDE
Seigneur, éloignez-vous de ces lieux.
OTHON
Eh ! pourquoi?
DALINDE.
Ina va 'descendre au jardin : Ariodant, sans doute, va l'y accompagner; je crains qu'ils ne vous rencontrent. Je vous connais, vous ne pourriez retenir votre fureur, et ce jour, destiné à une fête , deviendrait peut-être un jour de trouble et d'effiroi.
OTHON
Ne crains rien, ma chère; je saurai me contraindre. J'ai un projet qui commande la pfudence. Ecoute : il sera temps de nous éloigner quand nous les verrons paraître. Dalinde , veux-tu mon bonheur?
DALINDE.
Ah! vous vous êtes emparé de toutes mes volontés: comblée de vos bienfaits, je suis prête à vous prouver ma reconnaissance ; mais au moins , que mes services ne nuisent point à ma maîtresse.
OTHON
Me crois-tu digne de l'épouser ?
DALINDE.
Plût au ciel qu'elle y consentît!
OTHON
Eh bien ! si je puis l'y forcer,
L'y forcer? par son père?
OTHON
Qu'importe les moyens? si je puis la réduire à regarder comme un bonheur Funion que je lui propose
DALINDE.
Comme un bonheur! eh! comment?....
OTHON
Jure de me servir. Mes moyen$ sont sûrs , et il» n'ont besoin que de ton secours. Oui, te dis-je, avant que ce jour soit expiré , ta maîtresse se trouvera heureuse d'accepter pour époux celui qu'elle dédaigne comme amant.
DAUNDE.
Et vous y parviendrez sans lui nuire?
OTHON
Je n'aurai rien à me reprocher. Jure donc de me
seconder, n'hésite pas Ce que tu as fait pour nioi,
te force....
DAUNDE.
Ah ! je le sens , je me suis ôté le droit de vous désobéir; mais vous m'assurez
OTHON
Je t'assure qu'Ina sera forcée de devenir mon épouse. Pour toi, compte sur ton bonheur si tu me sers , sur îùa vengeance si tu me trompes. Ecoute : L'appartement de ta maîtresse donne sur les ruines qui sont à la gauchf de ce jardin.
DALINDE.
Oui , VOUS le savez : voici l'entrée , et les fenêtres s'ouvrent vis-à-vis les ruines.
OTHON
C'est bien. Lorsque la fête sera près dé finir, tu
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recevras de ma part tout ce qcd doit serm* à mon projet. L'émissaire te remettra un écrit qui tHnstmira de tout ce qne to dois faire. Lorsque ta maîtresse sera retirée dans son appartement, ta te hâteras d^agir selon rinstroctîon qoe to auras reçue. Je serai sons le balcon , et qoand tons les feux seront éteints...
DALINDE.
Paix! voici quelqu'un...
OTHON
Suis-moi j je te dirai le reste. (lis sorienl.)