‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 96 sur 269 · SCÈNE Vlil · texte numérisé non relu

SCÈNE Vlil

ARIODANT, INA, LURCAIN. *

ARIODANT

Belle Ina , c^est donc pour moi que vous vous dérobez à la fête dont vous êtes Tornement : je puis faire éclater mon ammir. La présence de mon frèr€ ne doit point nous contraindre , il est mon meilleur, mon seul ami.

INA

J'ai cédé à votre empressement, j'ai trompé les yeux fixés sur mrpî , pour m'échapper et vous eiïtrctenir en ces lieux; mais une chose m'incpiiète : mon père ignore votre amour, et tant qu'il ne l'aura point approuvé , je ne Serai pas tranquille.

ARIODANT

Chère Ina , votre père vous aime tendrement. Un mot, un seul mot de^vous assurerait mon bonheur.

INA

Àujourd%ui j'aurai le courage de lui avouer ma tendresse. Il n'a donné cette fête que pour connaître ceux qui prétendent à ma main. Leur nombre ne vous a re^du que j^ius cher à mes yeux. Le dirais-je? mon orgueil est flatté de tout l'amour qu'on me témoigne , parce qu'il semble augmenter le prix de celui

172 ABIODANT,

ARIODANT

Gomme un gage de ta tendresse , Donne-moi , donne cette main....

Doniio-la moi , que je la presse Et sur ma bouche et sur mon sein.

INA

Dieux! que fais-tu? mon œil se trouble , Craignons un abandon trop doux :

Cher amant, mon effroi redouble, Redoutons les yeux des jaloux.

( Ils regardent au fond, Lurccàn leur fait signe que personne ne parait. )

ARIODANT

Nous sommes seuls ; redis encore Ces mots cpii vont droit à mon cœur.

INA

Oui , cher amant , oui , je t^adore :

Tu feras seul tout mon bonheur.

ARIODANT

Unissons-naus.

Page 1