‹ Œuvres de F.-B. HoffmannChapitre 20 sur 44 · TRAITÉS DE PAIX. !2ÏI · texte numérisé non relu

TRAITÉS DE PAIX. !2ÏI

danl se battre y jusqu*à la trêve de Ratisbonne en 1684. En i688, nouvelle guerre et neuf campagnes brillantes jusqu'à la paix de Riswick en 1697. On se reposa quatre petites années ; mais en 1 701 ^ grande guerre pour la succession d'Espagne , grande alliance contre la France, paix d'Utrecht et deBade en 1 7 1 3 et 1 7 1 4. Triple alliance en 1 7 1 7 , quadruple alliance en 1718, petite guerre d'Espagne, chute du fameîix Ahberoni, paix de Madrid en 1721. Dans \es douze années qui suivent, quatorze traités n'empêchent pas la guerre de se rallumer en i733, mais elle se termine parla paix de Vienne en 1738. Comme je n'ai parlé que des peuples chrétiens , je ne porterai pas en ligne de compte la malheureuse guerre de l'empereur Charles VI contre les Turcs ; et quoique les affaires de Croutzka , de Méadîa, de Lanzowa et de Cornia figurent agréablement dans une liste de batailles • M. Schœll n'ayant pas jugé à propos de les comprendre dans ses huit volumes, et les Turcs d'ailleurs étant des barbares, ennemis deS idées libérales, je les laisse de coté , pour me bâter de dire que la paix entre les chrétiens a duré un an tout entier après .le traité de Vienne. En 1739 , guerre entre l'Angleterre et l'Espagne ; en 1740, grande guerre pour la succession d'Autriche , qui n'a duré que neuf ans moins trois mois , ayant fini en octobre 1748, par une autre paix d'Aix-la-Chapelle. A peine fut-elle conclue,

que les querelles recommencèrent ; on disputa

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jusqu*eh i755, que les Anglais, ennuyés de la discussion , nous prirent des vaisseaux près de Terre-Neuve, et déclarèrent la guerre en la faisant. On se battit donc sur terre et sur mer, en Allemagne et au Canada ; et la triste paix de 1 768 fit poser les armes sans nous rendre fort bons amis. Pendant ce temps -là , le grand Frédéric faisait sa fameuse guerre de Sept -Ans; T Allemagne, la Russie , r Autriche , la Suède , s'en mêlèrent , et le traité de Hubertzbourg fut signé la même année que celui de Paris.

InteiTompons cette belle nomenclature pour taire une petite observation morale et philosophique ; d'ailleurs , je m'aperçois qu'il ne me reste plus à citer que les différeiis pour la succession de la Bavière , le traité de Teschen , la guerre des États-Unis , dite de Tindépendance , le, traité de Versailles, en 1783, l'insuiTection du Brabantet la guerre de la Finlande , pour arriver à la révolution française. Par les motifs allégués plus haut, je passe sous silence les guerres brillantes de Catherine II contre ces méchans Turcs , qui ne se battent plus que quand on les attaque. Un si grand nombre de paix en TtM|»ns d'un demi-siècle est sans doute une grande^preuve de notre perfectibilité : il est vrai de dire que , pour faire tant de paix, il a fallu le même nombre de guerres, que ces guerres ont été longues et les paix fort courtes; mais il faut bien payer le progrès des lumières, surtout quand ces lumières adoucissent nos mœui^

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et nous rendent plus philantropes , comme on l'a vu par le tableau préce'dent. Revenons maintenant à mon observation.

On a fait des calculs pour connaître le nombre d'hommes qui ont péri par Teffet ou par suite de la révolution française. II est aise de prévoir que ïies calculs se ressentiront toujours de l'opinion de celui qui les fait. Je n'ai pas la prétention d'en présenter de plus exacts ; mais une page du livre que j'annonce me fournit le moyen de donner une idée comparative de ces pertes immenses , en comprenant dans l'évaluation tous les peuples qui ont pris part à celte catastrophe, ou qui en ont été les victimes. M. Schœll offre, à la page 119 de son troisième volume , un résumé des pertes en hommes que les puissances belligérantes ont faites dans la guerre de Sept -Ans. Les nombres qu'il énonce ne peuvent être suspectés d'exagération ^ puisqu'ils sont avoués par les puissances ellesmêmes. Les. voici : la Russie y a perdu 120,000 hommes; l'Autriche, 1 40,000; la France, 200,000; l'Angleterre et ses alliés, 160,000; la Suède, 25,000; le coi-ps genoaanique, 28,000; la Prusse, 21 3,000. Or, si 886,000 hommes, car tel est le total , ont péri dans une guerre de sept années qui n'a pas été accompagnée de guerre civile , quel doit être le nombre des victimes d'une révolution et d'une guerre générale qui ont duré, presque sans interruption, depuis 1789 jusqu'en 181 5, et pendant. lesquelles le génie du mal a trouvé tant

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d'auxiliaires dans les troubles civils , les proscriptions , fusillades , noyades , assassinats juridiques et autres petits accessoires que Fesprit philosophique regarde comme des quantités à négliger? C'est donc aujourd'hui , bien plus qu'au temps de Virgile que l'on peut dire :

Agri'co^a incuroo trrrœn molitus aratro Exesa iriQeniet scahra rubigine pila , Aut graoibus rastrîs galeas pulsabit inanes , Grandiaque effossis mîrabitur ossa sepulcris.

Mais n'oublions pas M.Schœll, qui a été la cause innocente de la disgression dans laquelle je viens de me jeter. Je ne lui ferai pas un ipérite d'avoir tracé d'une main ferme et d'un style rapide , tous les événemens qui se sont pressés plutôt que succédés dans la période de temps que cet écrivain parcourt ; mais on ne peut trop louer la sagacité qui lui a fait choisir dans cette foule de traités les clauses remarquables, essentielles , sujettes à controverses , et qui ont influé sur les événemens ultérieurs. Par cette méthode , il a lié les faits aux négociations , les négociations aux traités , et les traités aux nouvelles guerres dont ils renfermaient le germe ou le prétexte ; c'était le seul moyen de jeter de l'intérêt dans un livi'e dont le titre en promet si peu , et l'auteur a sm'passé l'attente du lecteur le plus difficile.

Je me suis arrêté à la partie de l'ouvrage qui touche à notre révolution ; parce que vingt articles

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de journal ne suffiraient pas pour e'puiser la matière» et que d'ailleurs la discussion la plus impartiale sur ce sujet déplairait par sa modération méme^ 2e n'est pas à nous qu'appartient le droit de juger :ette graujde et terrible catastrophe politique ; un our ceux qui n'y auront ni perdu ni gagné, ceux jui liront le récit de nos malheurs aussi tranquiU ement que nous lisons les proscriptions de Marins ît de Sylla , condamneront ou approuveront , non >as avec justice, car ils auront aussi leurs opinions, [nais au moins avec calme , ce que nous ne pouirons pas encore faire.

L'auteur sans doute a été convaincu de cette véaitë ; car, en se renfermant dans les limites de l'histoire et de la diplomatie, il rapporte les faits avec une rigoureuse exactitude , et discute les principes de droit public avec une logique aussi éclairée qu'impartiale. Je me contenterai d'indiquer ici les différens points de son ouvrage qui offrent une étude aussi intéressante qu'instructive , pour les hommes même les plus versés dans l'histoire moderne.

I** Les discussions qui ont précédé , accompa* gné et suivi le traité de Westphalie , et qui ont été renouvelées jusque dans les premières années de notre révolution^ 2° les deux neutralités armées, chapitres où les principes du droit maritime sont fixés de la manière la plus claire et t# plus précise , où l'auteur examine toutes les difficultés qui se sont élevées entre l'Angleterre et les puissances du Nord ,

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le système de blocus réel ou de blocus sur le papier, et les innombrables questions que la fortune et la force maritime ont résolues en faveur de F Angleterre. Comme ce grand procès a été terminé sans être jugé , comme il est possible qu'il se renouvelle un jour sous d'autres auspices, je le recommande à Fattention du lecteur; je ne connais pas de sujet plus propre à exercer la sagacité d'un dialecticien. 3** L'eitamen des raisons qui ont fait précipiter le traité de Léoben ; la situation où se trouvait Tarmée d'Italie à cette époque ; la réponse aux reproches qu'on a faits à T Autriche, etc.... Cette partie du livre paraîtra neuve aux homme3 habitués à juger des événemens militaires d'après l'exposé des Bulletins. 4** Enfin, les négociation^ secrètes qui ont précédé la troisième coalition , 1^ plan des alliés, les causes qui l'ont fait échouer ^ les fautes que toutes les parties contractantes s^ sont mutuellement reprochées , et l'appréciation d^ ces reproches. Je n'ai rien lu de plus capable d'é— • clairer les hommes d'Etat sur la difficulté et le dan^ ger des coalitions. Je ne dois pas oublier les dé-* tails curieux que l'auteur a rassemblés sur la paiic d'Amiens , paix si peu solide aux yeux même de^ négociateurs , qu'ils ne prirent pas la peine de rappeler les anciens traités ; négligence étudiée , qui laissait à chacune des parties le juste prétexte de^ rompre quand elle le jugerait à propos.

Dans le sixième volume , M. Schœll a placé un Précis historique de la constitution germanique A

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