TRAITES DE PAIX
ses limites? qua-t-on cédë à la IVance? De là, nouvelle discussion , nouveaux débats qui ont été plutôt tranchés que terminés par la révolution.
Quoique celte question n'ait plus le même intérêt, rien n'est plus curieux que les plaidoyers fournis de part et d'autre , et lé lecteur ne cesse d'admirer l'inépuisable fécondité des ressources que fournit la diplomatie. MM. Koch et Schœll ont traité ce point de politique de la manièrti la plus complète et la plus curieuse ; ils ont réuni et opposé l'un à r autre tous les argumens respectifs , et cette partie de leur ouvrage est un petit chefd'œuvre d'érudition et de dialectique.
Après avoir décrit avec rapidité les événemens de la guerre de Trente-Ans , et rapporté les clauses des traités de Munster dont les difficultés ont exercé la sagacité de tous les publicistes de FEurope y les auteurs de cet ouvrage passent au traité des Pyrénées, chef-d'œuvre de la politique de Mazarin. Cette partie du livre n'offrant rien de nouveau , je ne m'y arrêterai pas.
Depuis la paix de Westphalie, dit-on, la civilisation s'est perfectionnée , les lettres , les arts ont brillé d'un plus vif éclat, les mœurs se sont adoucies; l'établissement légal du protestantisme, le triomphe de la philosophie ont fait germer les idées libérales ; les hommes ont cessé d'être barbares , les peuples se sont entendus , et l'Europe n'a plus été qu'une grande famille dont tous les membres , animés d'une mutuelle bienveillance ,
CRITIQUE. T. IV. . l4
n'ont rivalisé que d'humanité et de politesse. Pour se convaincre de toutes ces vérités^ il suffit de se rappeler ce qui s'est passé en Europe depuis l'année 1648 jusqu'à notre l'évolution, c'est-à-dire en cent quarante ans. En voici le sommaire :
Après une guerre de trente années » dans laquelle tous les peuples chrétiens se sont bravement égorgés , on s'est reposé pendant près de deux ans; mais les Espagnols ayant repris la Qtalogne , la guerre, qui n'avait été qu'interrompue, amusa les Français et les Espagnols jusqu'en 1659. Nouveau repos de six ans , après lequel la monotonie de la paix ayant fatigué l'Angleterre et la Hollande , les Français voulurent être de la partie , et l'on s'escrima sur terre et sur mer, jusqu'à la paix de Breda, qui se fit en 1667. ^^^^^ paix n'était que partielle ; l'Espagne et le Portugal guerroyaient depuis 1640, mais ces puissaoces firent la paix de Lisbonne en 1668. En 1669, les qtierelles de la Hollande et du Portugal sont terminées par la paix de La Haye. De 1668 à 1675, le système à! équilibre s' étant tourné contre la France , on eut la guerre dite de déçalulûm , la triple alliance , et enfin la paix d' Aix-la-Chapelk. Cette longue paix dura trois ans! Elle fiit suivie des affaires de Lorraine , toujours embrouillées par le remuant Charles IV, de la guerre de Hollande, des belles campagnes de 1674, 1675, 1676, 1677, et de la paix de Nimègue en 1678. On respira deux longues années, puis on se querella, sans cepen-