‹ Œuvres de F.-B. HoffmannChapitre 22 sur 44 · AMSÉE SÉCULAIRE DE LA DESTRUCTION B£ CE MOISASTÈBS · texte numérisé non relu

AMSÉE SÉCULAIRE DE LA DESTRUCTION B£ CE MOISASTÈBS

Par M. Grégoire, ancien ëvéque de Blors.

Jamais peut-être je n'eus un si beau sujet d'exorde ; jamais livre tombé entre mes mains ne m'a fourni une occasion plus naturelle de me répandre en considérations générales sur les querelles théologiques,'de déclamer bien ou mal contre les guerres scandaleuses des corporations dévotes, et contre la fureur de parti qui semble avoir été plus particulièrement la passion de ces hommes dont la piété et la charité devaient être les premières vertus. Je ne céderai point au désir de faire des phrases, et au sot amour- propre d'obtenir un succès facile. Quelle gloire , en effet , que de jeter

RLINES DE PORT-BOYAL. Zi^

du ridicule sur les longues et tristes querelles du jansénisme et du molinisme! Je voudrais même n'avoir point à en parier ; et ce qui n'est en moi qu'une simple prudence , était peut-être un devoir pour des hommes qui ont un rang distingué dans TEtat , qui se disent ministres d'un Dieu de paix , qui surtout devaient considérer le temps où nous vivons , l'état d'où nous sortons , et la nature de la question qu'ils réveillent. Si pourtant quelquesuns de mes lecteurs , assez jeunes pour n'être point initiés aux mystères de la bulle Unigenùus, et assez malheureusement curieux pour vouloir en connaître toute la triste importance , désiraient quelques éclaircissemens sur cette matière obscure , je leur dirais : gardez- vous bien de juger Port-Royal sur le rapport des jésuites, et d'appliquer à tous les jésuites les accusations des écrivains' que Ton nomme jansénistes; mais lisez l'Histoire de la Régence par Buclos , et le premier volume de Y Histoire de France pendant le dixhuitième siècle y par M. Lacretelle le jeune. Ces deux écrivains , qui* ont eu le bon esprit de ne point s'enfoncer dans le dédale théôlogîque , apprendront au lecteur s'il est bien utile, dans le dixneuvième siècle , de reproduire un sujet de discorde qui a fait si long-temps la honte de T Eglise. « Si jamais le goût de l'érudition renaît parmi » nous , dit M. Grégoire , la France , heureuse- » ment restée catholique , la France aura aussi son » Monasticjon. » La France n'a que trop de science

thëologique et d'érudition monastique ; le plus infatigable anadiorète ne pourrait pas tout lire^ quand il ne ferait que cela ; et Je pense que la religion a plus besoin de paix et de concorde que de livres et d'ërudition.

L'auteur, après avoir ge'mi sur la destruction de Port-Royal , arrive , par une transition un peu brusque , aux destructeurs révolutionnaires ; et a Toccasion de la statue de saint Vincent de Paule, que Von qualifiait du titre de philosophe , il fait cette vive sortie , où Ton trouve un peu plus de rhomme que du chrétien : « Aujourd'hui la qùa- « lité de philosophe est proscrite par des gens dont » plusieurs ont figuré dans le nombre de nos per- » sécuteurs : vils Protées, qui n*ayant que des » idées d'emprunt et des sentimens de circons^ » tance, qui n'adoptant pour régulateurs de leur » conduite que la vanité , l'ambition , Tintérêt 9 » épient de quel côté souffle le vent de la faveur, » et subordonnent leur langage, leurs démarches, y> aux opinions du jour. » J'ai sans doute autant de mépris qu'en témoigne M. Grégoire pour des hommes tels qu'il les dépeint dans ce tableau ; mon opinion, qui d'ailleurs est de peu d'importauce, n'a jamais varié sur ce point ; cependant , quoique cette constante persévérance me donne le droit de blâmer la versatilité dont se plaint M. Grégoire, je ne déclame point contre les philosophes, je ne fais point de livres contre les despotes; je n'écris pas même contre ces dévots qui ont été si énerç^-

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