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intiniinent, surtout quand elles sont jointes aux talents qui se tiduvcnt singulièrement en vous. Tout cela m'oblise à vous témoigner de ma main ma reconnoissance pour l'offre que vous me laites, quelque [»einc (|ue j'aie encore d'écrire et de lire moi-même; mais l'honneur qu(i vous me faites m'est si cher que je ne puis trop me hâter d'y répondre.
Je vous dirai donc, Monsieur, que si j'étois en santé, je serois V(dé ii Toulouse et que je n'aurois pas souffert qu'un homme comme vous eût l'ait un pas pour un homme i-omme moi. Je vous dirai aussi que, quoique vous soyez celui de toute l'Europe que je tiens pour le plus grand géomètre, ce ne seroil pas cette qualité-lii qui m'auroit attiré, mais que je me figure tant d'esprit et d'honnêteté en votre conversation que c'est pour cela que je vous rechercherois.
(".ar, pour vous parler franchement de la Géométrie, je la trouve le plus haut exercice de l'esprit : mais en même temps je la connois pour si inutile que je fais peu de différence entre un homme qui n'est que géomi'tre et un habile artisan. Aussi j(^ l'appelle le plus beau mélier du monde, mais enfin ce n'est qu'un métier, et j'ai dit souvent qu'elle est bonne pour faire l'essai, mais non pas l'emploi de notre force.
De sorte que je ne ferois pas deux pas pour la Géométrie et je m'assure que vous êtes fort de mon humeur. Mais il y a maintenant ceci de plus en moi que je suis dans des études si éloignées de cet esprit-là qu'à peine me souviens-je qu'il y en ait. Je m'y étois mis, il y a un an ou deux, par une raison tout à fait singulière, à laqutdle ayant satisfait, je suis au hasard de ne jamais plus y penser.
Outre que ma santé n'est pas encore assez forte, car je suis si foible que je ne puis marcher sans bâton ni me tenir à cheval, je ne puis même faire que trois ou quatre lieues au plus en carrosse. C'est ainsi <]ue je suis venu de Paris ici en vingt-deux jours. Les médecins m'ordonnent les eaux de Bourbon pour le mois de septembre, et je suis engagé, autant que je puis l'être, depuis deux mois d'aller de lii en Poitou par eau jusqu'à Saumur, pour demeurer jusqu'à Noèl avec ;M. le duc de Roannès, gouverneur de Poitou, qui a pour moi des
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sentimcns que j(> ne vaux pas. Mais, comme je passerai par Orléans en allant à Saumur par la rivière, si ma santé ne me permet pas de passer outre, j'irai de là à Paris.
Voilà, Monsieur, tout l'état de ma vie présente, dont je suis obligé (le vous rendre compte pour vous assurer de l'impossibilité où je suis de recevoir l'bonneur que vous daignez m'offrir et (|ue je souhaite de t(mt mou c(eur de pouvoir un jour reconnoitre, ou en vous, ou en Messieurs vos enfants, auxquels je suis tout dévoué, ayant une vénération particulière pour ceux qui porlent le nom du premier homme du monde.
Je suis, etc. Pascal.
De Bicnassis, le lo août iGfio.