‹ OEuvres de Fermat (volume 2)Chapitre 4 sur 222 · X AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

X AVERTISSEMENT

divisé les lettres, d'après les sujets traités, en paragraphes numérotés par des chid'res gras (égyptiens), que leur forme distingue nettement de ceux qui sont empruntés aux sources.

Ue même que dans le premier Volume, nous avons clicrché avant tout la commodité de la lecture; nous avons donc, sans aucun scrupule, multiplié les alinéas et conformé la ponctuation aux habitudes modernes.

Pour l'orthographe française {'), nous avons en principe adopté celle du xvni" siècle, sauf à conserver les formes constamment usitées du temps de Fermai pour les mots technitjues, comme méchanique, quarré; en deiiors de la question de commodité, nous étions forcément conduits à cette solution, par suite de l'impossibilité absolue où l'on se trouve de reconstituer la véritable orthographe de Fermât.

On possède de Descartes, par exemple, assez de lettres autographes pour (|u'il soit possilile aujourd'hui de publier son énorme correspondance avec un texte conforme à l'orthographe rationnelle {^) qu'il adopta vers l'âge de quarante ans et qui est plus ou moins défigurée dans l'édition de Clerselier; mais pour Fermât, il fallait renoncer à toute tentative analogue. 11 nous reste en tout de lui huit autographes en français (la dédicace à Carcavi, publiée dans l'Avertissement du premier Volume, pages xix-xx, les n"" 04, 65, 60, 100, 102, 109, 111 do la Corres[)ondance); deux seulement, 60 et 102, dépassent la proportion de simples billets, et leur ensemble nous permet tout au plus de conjecturer que Fermât avait une orthographe personnelle dont ou pourrait marquer quelques traits ('), sans pouvoir affirmer f|u'elle fût constante (*), même en dehors des lapsus de plume, auxquels il semble avoir été quelque peu sujet.

Nous avons, en tout cas, reproduit, sans les modifier, les autographes à

(') En ce qui concerne les textes latins, nous avons suivi les mêmes principes que |)our le premier Volume (voir l'Avertissement, page xxx).

(2) Nous pouvons ajouter « très réformatrice », d'aulanl (jue nombre de simplifications <]a'il avait Introduites sont encore à réaliser, quoiqu'elles soient également réclamées par l'ctymologie et la prononciation. On peut prendre comme exemple l'ortliographc usuelle du mot même auquel se rapporte cette note.

(^) Aucun z final; le l final conservé au pluriel; la forme drincuder.

{*) On trouve hnncnr et honneur, avance et ndvancc dans dos lettres difTércntes; dans la même, commis, mais comissiou et coinissaire : il ne faut pas faire entrer en ligne de compte dans une autre lettre, esgalitc et égal (page 437)- Bans le second mot, l'acccnl peut avoir échappé à la plume; or, à cette époque, où on principe on accentuait seulement les finales non muettes, é, dans le corps des mots et surtout pour un texte manuscrit, n'est pas une forme orthographique réellement dillérente de cs\ c'est une simple abréviation dont l'usage est arbitraire.

AVERTISSEMENT. x,

noire disposilion ('); quant au\ pièces f|ui ne sont connues que par des copies ou par l'édition des Varia, l'orlliographc des sources ne présente certainement aucune auliicnticilé. Nous avons déjà dit, dans rAverlisscmeni du premier Volume, (|ue ceux qui ont copié au xvir siècle les écrits de Fermât, ne se sont fait aucun scrupule d'y introduire les notations algél)ii(iues cartésiennes; on ne peut supposer qu'ils aient respecté l'orthoj;rai)lie; Arbogast a également introduit la sienne dans les copies qu'il a faites, de première ou de seconde main. Le texte des l'aria piésente enliu des formes spéciales (^), systémaliqueniciit adoptées et qu'on doit attribuer à l'imprimeur beaucou]) plutôt (lu'à Samuel Fermât.

Dans ces conditions, nous avons jugé que la reproduction des différences purement ortliographiqucs entre les sources et notre édition serait sans intérêt véritable pour le texte français (') et qu'elle aurait au contraire le grave inconvénient de rendre excessivement pénible l'étude des variantes f[ui concernent soit le sens soit la forme littéraire. Nous nous sommes donc limités à ces dernières, que nous avons relevées aussi scrupuleusement que possible.

De nous deux, M. Paul Tannery s'est plus spécialement chargé de soigner

(') Dans le n" 109, déjà publié avec l'orlhospaphe de Fermât dans la Correspondance lie Hiir^viix, el dont nous n'avons pu collalionner nous-mêmes l'original, nous avons inlroduil les formes modernes; d'autre part, dans les lettres d'un intérêt scientifique, pour ne pas compliquer inutilement la lecture, nous avons distingué Vi et le y, Vu et le i'. 11 suffit de rappeler ([ue, dans l'orllingraphe ancienne, les différences de figure pour ces lettres ne correspondent à aucune distinction entre la voyelle et la consonne. La fornicy sert couramment pour les majuscules manuscrites, arbitrairement i)Our les minuscules finales; Fermât ne parait pas avoir eu l'habitude de l'emiiloycr dans ce dernier cas. La forme c est régulièremeul usitée, dans les textes manuscrits et imprimes, pour les majuscules et les initiales minuscules, la forme « pour les médianes el finales minuscules; dans l'écriture de F'crmat, ces deux formes se distinguent très difficilement.

(-) Dans cette édition, la reforme de l'orthographe est déjà très avancée; Vi et le y, ' " el le i' sont dislingues; l'*' muette est remplacée par un accent, sauf dans In verbe t'irc et dans quelques autres mots particuliers; on doit noter oint pour oient, dans les finales des verbes.

(■^) Nous avions entrepris une élude spéciale des- formes orii}ograpliiqucs des Varin. dans l'espérance que les dillorcnces qui existent d'une lettre à l'autre pourraient jiermcltre de distinguer diverses provenances entre les copies utilisées par Samuel Fermai: par exemple, si les lettres de Fermât à Mersenne formaient deux groupes d'orthographe distincte, on devrait en conclure qu'elles proviennent de deux collections différentes. Nos recherches n'ont pas abouti; les formes que l'on peut considérer comme propres aux sources des f'aria sont relativement rares; l'édition est trop incorrecte cl les différences orthographiques trop fréquentes dans une mémo lettre pour que l'on puisse déduire des conclusions certaines.

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