‹ OEuvres de Fermat (volume 2)Chapitre 45 sur 222 · XXII. - SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XXII. - SEPTEMBRE

m'a donné pour le parcourir semble me dispenser de l'obligation de vous satisfaire exactement et par le menu, outre que, la matière étant de soi très subtile et très épineuse, je n'ose pas espérer que des pensées informes et non encore bien digérées poissent vous donner une grande satisfaction. Mais d'ailleurs, quand je considère que la recherche de la vérité est toujours louable, et que nous trouvons souvent à tâtons et parmi les ténèbres ce que nous cherchons, j'ai cru que vous ne trouveriez pas mauvais que je tâchasse à vous débrouiller une mienne imagination sur ce sujet, laquelle, étant encore obscure et embarrassée, j'éclaircirai peut-être davantage une autre fois, si mes fondemens sont approuvés, ou si je ne change pas moi-même d'avis.

2. La connoissance des réfractions a toujours été recherchée, mais inutilement. Alhascn et Vitellion ( ' ) y ont travaillé sans avancer beaucoup; et ceux qui sont venus depuis ont très bien remanjué que tout se réduisoit à établir une certaine proportion, parle moyen de laquelle, une réIVaction étant connue, on put aisément trouver toutes les autres; de sorte que tous les fondemens de la Dioptrique doivent consister en ce point, c'est-à-dire en la convenance et au rapport qu'une réfraction connue a à toutes les autres.

Cela supposé, il a été nécessaire que ceux qui ont voulu établir les jtrincipesdela Dioptrique aient cherché cette convenance et ce rapport.

clé envoyée à Toulouse par Bcuugrand sans son aveu. En tout cas. Il ressort tic la fin de la présente Lettre que les autres parties ne furent pas dès lors communiquées à Fermai, et qu'il ignorait même qu'elles dussent être réunies en un seul Ouvrage.

La date réelle de celle Lettre est très incertaine; nous l'avons supposée du mois de septembre, la réplique de Descarlcs (Lettre XXIII ci-après) étant ccrlainement de la première quinzaine d'octobre. Mais il se peut très bien que Mcrsenne ait gardé, même plusieurs mois, la Lettre de Fermai.

Au reste, ce dernier n'avait pas été prévenu que sa critique serait communiquée à l'auteur de la Dioptrique et il se plaignit à .Mcrsenne quand il cul connaissance de l'indiscrélion de celui-ci {Lettres de Descartes, éd. Clcrselier, III, ij, p. '.îijS).

(') 0PT10.E THESAvnvs. — Alliazeni Arabis libri septcm, nunc priinùm editi. Ejusdem liber de crepusculis et nubium ascensionibus. Hem Vitellionis Thuringopoloni libri X. — Oranes instaurali, figuris illuslrali et aucti, adjcclis etiam in Alliazenum commenlariis a Federico Hisnero. — Cum prixilegio Cœsareo et Kegis GalliiE ad sexennium. Basileae, per lipiscopios, M.D.LXXU.

Maurolic, abbé de Mossinc, en son Traité posthume De lumine et iirnhra ('), a soutenu que les angles qu'on appelle d'incidence sont proportionaux à ceux qu'on nomme de réfraction. Si cette proposition étoit vraie, elle sulfiroit pour "nous marquer les vraies figures que doivent avoir les corps diaphanes qui produisent tant de merveilles; mais, pour ce qu'elle n'a pas été bien démontrée par Maurolic, et que l'expérience môme semble la convaincre de faux, il en est resté assez à M. Descartes pour exercer son esprit, et pour nous découvrir de nouvelles lumières dans ces corps, qui, pour en être seuls capables, n'ont pas laissé de produire jusques à présent de grandes obscurités.

Son Traité de la Dioptrique est divisé en plusieurs discours, desf(uels les principaux sont, ce me semble, les deux premiers, qui parlent de la lumière et de la réfraction, pourcc qu'ils contiennent les l'ondemens de la Science, dont on voit ensuite les belles conclusions el conséquences qu'il en tire.

3. Voici à peu près son raisonnement (-) : La lumière n'est autre chose ([ue l'inclination que les corps lumineux ont à se mouvoir; or, celte inclination au mouvement doit probablement suivre les mêmes lois que le mouvement même; et partant, nous pouvons régler les ellcis (le la lumière par la connoissancc que nous pouvons avoir de ceux du mouvement.

11 considère ensuite le mouvement d'une balle dans la réflexion el dans la réfraction, et pour ce (|u'il seroit inutile et ennuyeux de copier ici tout son discours, je me contenterai de vous marquer simplemeni les observations que j'y ai faites.

4- Je doute premièrement, et avec raison, ce me semble, si rin<diiialion au mouvement doit suivre les lois du mouvement même, puis-

( ' ) Abbalis Francisci Maurolyci Messanensis. IMiolismi do luniinc, eL iimbra ad pcrspeclivam, et radiorum incidentiam facieiUes. — Diaphanoruiii parles, seu Libri très : in quorum primo de perspicuis eor[)oril)u.s, iti secundo de Iride, iti tertio de organi visualis structura, et eonspiciliorum formis agitur. — l'roblemata ad perspectivam, et Iridem perliiicntia. ■ — Omnia nuiic priuuim in iuccm édita. — Ncapoli, ex Typographia Tarquinii l.ongi. M.DC.XI. Superiorum permissu.

(*) Page 8 de l'édition originale du Traite de Descartes.

Page 1