‹ OEuvres de Fermat (volume 2)Chapitre 46 sur 222 · XXII. - SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

XXII. - SEPTEMBRE

(|iril y a autant do difTércnco de l'un à l'autre que de la puissance à l'acte; outre qu'eu ce sujet, il semble qu'il y a une particulière discouveuance, eu ce que le mouvement d'une balle est plus ou moins violent, il mesure qu'elle est poussée par des forces différentes, lii où la lumière pénètre en un instant les corps diaphanes et semble n'avoir rien de successif. Mais la Géométrie ne se mêle point d'approfondir davantage les matières de la Physi(|ue.

5. En la figure {fig- 53) par laquelle il explique la raison de la réflexion, page i5 de la Dioptrique ('), il dit que la détermination à se

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mouvoir vers quelque côté peut, aussi bien que le mouvement et généralement que toute autre quantité, être divisée en toutes les partii's desquelles on peut imaginer qu'elle est composée, et qu'on peut aisément imaginer (|ue celle de la balle (jui se meut d'A vers B, est composée de deux autres, dont l'une la fait descendre de la ligne AF vers la ligne CE et l'autre en même temps la fait aller de la gauche AC vers la droite FE, eu sorte que ces deux, jointes ensemble, la conduisent jus- (|ucs à B, suivant la ligne droite AB.

Cela posé, il eu tire la conséquence de l'égalité des angles d'incidence et de réfh^xioii, ([ui est le fondement de la Catoptriqne.

Pour moi, je ne saurois admettre son raisonnement pour uiu' preuve et démonstration légitime, (^ar, par exemple, en la figure ci-jointe <^Jig- 54), en laquelle AF n'est plus parallèle à CB, et oii l'angle (\kV

(') Nous reproduisons lu figure donnée par Clersclier dans son édition des l.ctircs de Descartes, tome III, page 171. Dans l'édilion originale de la Dioptrique, les lignes B(i, GDK, \)g ne sont pas tracées.

est obtus, pourquoi ne pouvons-nous pas imaginer que la détermination de la balle qui se meut d'A vers B est composée de deux autres, dont l'une la fait descendre de la ligne AF vers la ligne CE, et l'autre la fait avancer vers AF? Car il est vrai de dire qu'à mesure que la balle descend dans la ligne AB, elle s'avance vers AF, et que cet avancement

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doit être mesuré par les perpendiculaires tirées, des divers points qui peuvent être pris entre A et B, sur la ligne AF. Et ceci pourtant se doit entendre lorsque AF fait un angle aigu avec AB; autrement, s'il éloit droit ou obtus, la balle n'avanceroit pas vers AF, comme il est aisé de coni|)rendre.

(À'Ia supposé, par le même raisonnement de l'auteur, nous conclurons que le corps poli CE n'empêche que le premier mouvement, ne lui étant opposé qu'en ce sens-là; de sorte que, ne donnant point d'empêchement au second, la perpendiculaire BH étant tirée, et HF faite égale à HA, il s'ensuit que la balle doit réfléchir au point F, et ainsi l'angle FBE sera plus grand que ABC.

Il est donc évident (jue, de toutes les divisions de la détermination au mouvement, qui sont infinies, l'auteur n'a pris que celle qui lui peut servir pour sa conclusion; et partant il a accommodé son médium à sa conclusion, et nous en savons aussi peu qu'auparavant. Et certes, il semble qu'une division imaginaire, qu'on peut diversifier en une infinité de façons, ne peut jamais être la cause d'un effet réel.

Nous pouvons, par un môme raisonnement, réfuter la preuve de ses fondemens de Dioptrique, puisqu'ils sont établis sur un pareil discours.

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