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Je vous garantis par avance que j'en ferai la solution quand il vous plaira et que j'en tirerai même des conséquences qui établiront solidement la vérité de notre opinion. J'en déduirai d'abord : que le rayon perpendiculaire ne se rompt point; (jue la lumière se rompt dès la première surface sans plus clianger le biais qu'elle a pris; ([ne le rayon rompu s'approche quelquefois de la perpendiculaire, et qu'il s'en éloigne quelque autre fois, à mesure qu'il passe d'un milieu rare dans un plus dense ou au contraire; et en un mot, que cette opinion s'accorde exactement avec toutes les apparences. De sorte que, si elle n'est pas vraie, on peut dire ce que disoit Galilée en un sujet dilt'érent, que la nature semble nous l'avoir ins\)\i'év per pig/iarsi gioro (/i iioslri ghiribizzi ( ' ) • '
Mais j'ai tort de ne songer pas ({ue le sujet de cette lettre ne tlevoil être qu'un remerciment. Je vous conjure. Monsieur, d'excuser sa longueur, quand ce ne seroit que par l'intérêt que vous y avez, et de la recevoir en tout cas comme un témoignage de l'estime que j'ai pour votre savoir et du respect avec lequel je suis. Monsieur,
Votre tri's humble et très affectionné serviteur,
Fekmat.
DIGBY A FERMAT
MERCREDI D DftCEMBRE 1657.
(l'a., p. ly'i-197.)
MoNsu:nn,
Je me donnai l'honneur de vous écrire le iç) du mois passé. Depuis ce temps-là, j'ai été en Normandie et à mon retour j'ai trouvé la Lettre
(') Nous n'avons pu retrouver le texte auquel ost empruntée cotte citation.
MW IKI VUKS l)i: rKHMVT. - CO RR ES POND ANC K .
(]ii(> vous m'avoz l'ail l'Iionnour de iirrcrirc du 17 du nu'-uie mois ('). dont jo vous ronds Irrs-liunihlos gi'àc(>s ol in'ostiiiH? tros-lieuroux de vous servir daus le coiuniciTO (|ui os( culro vous et Monsieur de Frcnicle. à (]ui je nionlrai aussi voire l^ellre el, eouinie vous y parlez de noire ('.haini'lirr l?acon, eela nie til souvenir d'un aulre beau mol (|u"il dil en ma présence une l'ois à feu Monsieur le Duc de Buckiui^lram.
(4'étoil au commencement de ses malheurs, quand l'assemblée des Ktats, que nous appelons le Parlemenl. entreprit de le ruiner, ce (|u'elle lit ensuite : ce jour là. il en eut la première alarme. J'étois avec le Duc, ayant diné avec lui; le Chancelier survint et l'entretint de l'accusation qu'un de ceux de la Chambre Basse avoit présentée contre lui, et il supplia le Duc d'employer son crédit auprès du Roi pour le mainlenir loujoui's dans son esprit. Le Duc lui répondit qu'il étoil si bien avec le Roi leur maître, qu'il n'éfoit jias besoin de lui rendre de bons olïicos auprès de Sa Majesté : ce qu'il disoit, non pas pour le refuser, car il l'aimoit beaucoup, mais pour lui faire plus d'honneur. Le Chancelier lui répondit de très-bonne grâce qu'en effet il croyoit être parfaitement bien dans l'esprit de son Maître, mais aussi qu'il avoit toujours remarqué que, pour si grand que soit un feu et pour si fortement qu'il brùlc de lui-même, il ne laissera pourtant pas de brûler mieux et d'être plus beau et plus clair, si on le souITle comme il faut.
De même j'ai dit à Monsieur Frenicle que, pour si grand feu d'esprit (|u"il ait et quelque merve'illeux que soit son génie pour la science des nombres, son feu seroit plus l)rillant, s'il le vouloit exciter ou aug- Mieiilerpar l'élude, par la lecture des anciens et [lar la conversation.
Il vous honore infiniment et dit que jamais homme n'a approché de votre fond de science; il m'a apporté ce matin un écrit pour vous l'envoyer. Je l'ai fait copier par mon secrétaire, car vous ne l'auriez pu lire; il écrit d'ordinaire sur des lambeaux de papier et si vite qu'il n'y a que lui même qui puisse lire son écriture.
( ' ) Cette lettre est perdue.