MAI
(D., III, 4(5; BiU. iiat. fr. :V2S0, n. acq., r<" Si-ôfi.)
Je ne sais si le Père Merseiine, à qui cette lettre (') étoit adressée, l'a communiquée à M. Descartes, ou si, l'ayant reçue, ses occupations l'ont empêché d'y faire réponse. Toutefois il paroit n'y avoir point répondu, parce que M. de Fermât, qui l'avoit écrite il y a environ vingt ans, répète encore à peu près les mêmes difficultés dans une lettre qu'il a écrite depuis peu à un de mes amis de cette ville (-). Je m'en vais essayer de suppléer quelques réponses tirées de l'intention de M. Descartes, et pour le faire plus commodément, je ne me proposerai aucun ordre que celui qui est dans les articles ou sections de la lettre que j'examinerai séparément.
AuT. 1"'- — Le premier article ne contient qu'un compliment dont l'humeur civile de M. de Fermât honoroit M. Descartes, et dont sa mémoire lui est encore redevable.
Art. 2''. Je tranche, etc. — Quoique M. Descartes accommode son médium à sa conclusion, et qu'il divise son mouvement en certaines déterminations plutôt qu'en d'autres, on ne le doit non plus trouver étrange que si un géomètre se sert d'une construction plutôt que d'une autre pour l'exécution d'un problème; et l'on ne conteste jamais la voie qu'il choisit, pourvu qu'il vienne à bout de ce qu'il entreprend.
(') La Lettre XXIV ci-avant : les articles distingués par Rohaiilt sont identiques avec ceux du numérotage de notre édition.
(-) La Lettre XC bis à Clerselier.
392 ŒUVHKS DE KEIIMAT. COH H ESPON 1) ANCE.
Au rosto, JM. Desoai'tos a dû diviser son luouvcinont en une dclcrniination purpondiculairc à la surface devers laquelle il éloit mu et eu une détermination parallèle à la même surrae(>, parce que, celh' dernière ne reneonlraiil aucune opposition, il étoit assuré qu'elle dcvoit (lenu'urer la même; ce (jui lui éloit un moyen de conclure une vérité plus aisément qu'il n'eût pu faire en suivant une autre méthode.
AuT. 3'. Je reconnais, etc. — AI. de ?\'rmat semble favoriser 31. Deseartes, en avouant qu'il est de sou sentiment touchant la dilTércncc (]u'il établit entre le mouvement et la détermination, et tâchant même de le prouver. (Cependant il semble aussi qu'il y ait de l'adresse, pource qu'il impute à iM. Descartes une opinion (|u'il désavoueroit, à dessein, comme on pourroit croire, de s'en servir dans la suite.
C'est dans le second exemple, où il assure ([u'unc balle, poussée du point H au point B perpendiculairement sur la surface CBK, no |)erd pas de sa détermination, à cause, dit-il, qu'en pénétrant l'eau ou la (oilc. l'Ile continue à se mouvoir dans la même ligne droite.
.Aiais il doit considérer que la détermination d'un mobile doit être réputée changer, non seulement quand il quitte la ligue dans laquelle il s(^ mouvoit auparavant, ou quand il se meut à contre-sens dans la même ligne, mais encore en se mouvant du même sens dans la même liLjne droite, pourvu que ce soit [plus ou] moins loin qu'il n'étoit dé- Icrminê d'aller en ce sens-là. Et c'est en cette troisième façon que la quantité de la détermination de la balle est devenue moindre, autant (|uc le mouvement : aussi la surface CBE étoit autant opposée à la première que la liaison des parties l'étoit à l'autre : c'est pourquoi il faut réputer comme nul cet exemple qui n'étoit que pour prouver une vérité que les deux parties ne contestent point.
Je ne daignerois d'observer que M. de Fermai appelle force ou puissauce mouvante ce que M. Descartes appelle le mouvement, parce qu'il ne paroit pas dans la suite de la lettre que cette diflërence soit d'aucune conséquence.
\kï. 4'. Je rei'iens maintenant, etc. — Cet article ne contient que quelques paroles de M. Descartes.